A.Y. Jackson (Alexander Young Jackson)
1882-1974
Né à Montréal, son intérêt pour l’art est éveillé par les activités de son frère Harold, lithographe. Jusqu’à l’âge de 12 ans, Jacskon fréquente la Prince Albert Public School à Montréal, puis il est embauché comme garçon de bureau dans une société de lithographie. Pendant ses moments libres, il dessine, fait des croquis, reproduisant souvent les illustrations qu’il trouve dans les journaux. Son patron voit éventuellement les dessins, et le mute au département artistique. Jackson y passe six ans, et obtient un poste de designer pour une maison d’impression. Il travaille par la suite pour le compte d’une compagnie de photogravure, puis pour une firme de lithographie. Quatre soirs par semaine, il fréquente le Monument National, et se rend parfois à la Galerie d’Art de Montréal. Jackson étudie aussi auprès de William Brymner.
À 23 ans, il défraie en travaillant son passage pour l’Europe, avec son frère Harry. Ils font la visite des musées à Paris et y séjournent brièvement avec Clarence Gagnon et Eddy Boyd à qui William Brymner avait enseigné à Montréal. Ils reviennent à Montréal, puis Jackson passe un certain temps à Hemmingford, Québec, avant de se rendre aux États-Unis où il poursuit sa formation, de soir, au Art Institute of Chicago, tout en travaillant pour une firme de designers le jour. En 1907, il a amassé assez d’argent pour partir étudier à Paris. Une fois arrivé, au mois de septembre, il s’inscrit à l’Académie Julian, et étudie pendant six mois sous Jean-Paul Laurens. Il se rend par la suite en Italie avec des collègues et parcourt les galeries de Rome, de Florence et de Venise. De retour en France, Jackson peint à Étaples une toile qui sera présentée au Salon de Paris. En mal d’argent, il revient au Canada en 1910. Les toiles de Jackson s’inscrivent à cette époque dans la lignée de l’impressionnisme Français; l’œuvre d’artistes canadiens tels Maurice Cullen et J.W. Morrice l’amène à pousser plus avant sa recherche quant à la neige et aux autres éléments canadiens, lesquels deviendront des thèmes incontournables de son œuvre. Revenant au travail de photogravure, il épargne assez d’argent pour repartir en France avec Albert H. Robinson en 1911, Jackson apprenant beaucoup auprès de ce dernier. Au mois de décembre de la même année, Robinson rentre au Canada tandis que Jackson demeure en France.
Il parcourt l’Europe avant de rentrer à son tour à Montréal, où il participe à une exposition conjointe avec Randolph Hewton au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Bien que l’exposition ne soit pas un succès financier, Jackson parvient peu après à vendre des esquisses à un marchand d’art Montréalais. Il part avec Hewton pour Emileville, Québec. Insatisfait d’une des toiles, « Morning Sleet », il veut en racler la peinture pour recommencer; Hewton la récupère plutôt et lui donne une toile en échange. Dix ans plus tard, Hewton la présente pour le compte de Jackson à l’Exposition du printemps à la Art Association of Montréal, où elle remporte le Prix Jessie Dow, puis est acquise la même année par le Musée des Beaux-Arts du Canada.
Toujours à Émileville, Jackson reçoit une lettre du Torontois J.E.H. MacDonald, qui desire lui acheter un « Edge of the Maple Wood » pour un tiers, Lawren Harris. Jackson lui vend l’oeuvre, et fera connaissance avec lui plus tard à Toronto, en route pour Kitchener. À Toronto, par l’entremise de MacDonald, il fait également connaissance avec Arthur Lismer, Frederick H. Varley et d’autres membres du Arts and Letters Club qui travaillaient à titre d’artistes commerciaux pour la Grip Engraving Company. Jackson quitte Kitchener pour se rendre à Georgian Bay, où le Dr James McCallum, un ami Lawren Harris, lui rend visite. McCallum, dont la résidence secondaire est située à Georgian Bay, offre à Jackson un espace de travail dans le Studio Building que Lawren Harris et lui sont à faire construire à Toronto pour les artistes Canadiens. En outre, McCallum assure les dépenses de Jackson pour un an, et entretemps invite à séjourner à sa résidence d’été. De retour à Toronto, Jackson demeure au studio de Lawren Harris en attendant l’achèvement du Studio Building. On lui présente Tom Thomson qui avait lui aussi travaillé à la Grip Engraving Company, avec qui il partagera éventuellement un atelier dans le Studio Building. Ils s’installent dans les nouveaux locaux au mois de janvier 1914.
Thomson donne rapidement le goût à Jackson de se rendre au Parc Algonquin, ce qu’il fait en février. J.E.H. MacDonald et J.W.Beatty l’y rejoindront plus tard pour dix jours Durant lesquels ils font des croquis. Au cours de l’été de la même année, la Canadian Northern Railway commandent à Jackson et à J.W. Beatty des images de l’Ouest Canadien à des fins publicitaires. En revenant de l’Ouest, Jackson rejoint immédiatement Thomson au Parc Algonquin.
Au printemps 1915, Jackson s’enrôle comme soldat dans le 60e Bataillon; il est blessé et considéré invalide pour l’Angleterre. Il reviendra au front avec le rang de Lieutenant pour le Fonds de Souvenirs de Guerre Canadiens. En 1918, de retour au Canada, on l’envoie à Halifax, où il peint tout ce qui se rapporte à la guerre. En tant que peintre de guerre, Jacskon crée une des meilleures collections de peintures de guerre au Canada. Plusieurs de ses œuvres font maintenant partie intégrale des collections du Musée des Beaux-Arts du Canada ainsi que du Musée de la Guerre du Canada. Jackson reçoit sa décharge de l’armée en 1919 puis s’installe à Toronto. Son œuvre « Terre Sauvage », présentée à Montréal lors de l’exposition de l’Académie Royale des Art du Canada, suscite la controverse. À l’automne 1919, il se rend à Algoma avec J.E.H. MacDonald, Lawren Harris et Frank H. Johnston. Il est reçu la même année membre à part entière de l’Académie Royale des Arts du Canada. En 1920, lors d’un séjour à Georgian Bay, il fait plusieurs dessins et esquisses, et manqué éventuellement de panneaux sur lesquels peindre – il se sert du deuxième côté pour continuer.
Le 7 mai 1920 a lieu la première exposition du Groupe des Sept, à la Art Gallery of Toronto. Le Groupe avait récemment été formé par Lawren Harris, Arthur Lismer, J.E.H. MacDonald, Frank Carmichael, Frank H. Johnston, F.H. Varley et A.Y. Jackson. N’eût été de sa noyade à Canoe Lake en 1917, Tom Thomson aurait certainement fait partie des membres fondateurs. Trois artistes Montréalais sont invités à contribuer des œuvres à l’exposition du Groupe: Randolph Hewton, Robert Pilot et Albert H. Robinson; l’exposition en soit fait l’objet d’une grande controverse. Le Groupe expose jusqu’en 1931, et chacune de ses expositions soulève les cris de la critique. Des éditoriaux paraissent sous des titres tels « L’art en délire » (Art Gone Mad) tandis que d’autres réclament que « L’art canadien revienne au bon sens » (A Return to Sanity in Canadian Art). Lors de l’exposition de Wembley tenue au nord-ouest de Londres en 1924, le Musée des Beaux-Arts du Canada – ayant toujours entretenu de bons rapports avec le Groupe – inclut, malgré le disaccord de l’Académie Royale des Arts du Canada, un certain nombre d’oeuvres des membres du Groupe. La Tate Gallery de Londres acquiert une des toiles de Jackson, qui devient du coup le seul artiste Canadien représenté dans la Collections Nationale Britannique, J.W. Morrice s’étant éteint peu de temps auparavant.
Au mois de juillet 1927, Jackson embarque pour l’Arctique avec le Dr. Frederick Banting à bord du vapeur Beothic. Ils esquissent plusieurs secteurs de l’Arctique et à son retour Jackson expose ses croquis à la Art Gallery of Toronto. Jackson fait un second voyage en Arctique en 1930, cette fois avec Lawren Harris; à leur retour, leurs dessins sont exposés au Musée des Beaux-Arts du Canada, puis au Musée des Beaux-Arts de Montréal ainsi qu’à la Art Gallery of Toronto. A.Y. Jackson démissionne de l’Académie Royale des Arts du Canada, pour signifier son désaccord avec le traitement réservé par cette dernière aux artistes plus jeunes. Sa décision n’est pas étrangère au comportement de l’Académie lors de l’Exposition de Wembley en 1924, depuis laquelle l’exécutif continue de s’accrocher à un traditionalisme rigide.
En 1933, les autres fondateurs du Groupe des Sept choisissent de se séparer. Frank H. Johnston avait déjà quitté en 1922; J.E.H. MacDonald était mort en 1932; Arthur Lismer et Franklin Carmichael s’impliquaient dans l’enseignement; A.J. Casson, qui avait remplacé Johnston, oeuvre à l’amélioration des arts graphiques; Lionel Lemoine Fitzgerald et Edwin Holgate viennent tout juste de se joindre au groupe, mais la fébrilité découlant du sentiment de découverte du pays n’y est plus. Frederick H. Varley se tourne vers le portrait. Lawren Harris et A.Y. Jackson sont les seuls fondateurs demeurant relativement libres. Un nouveau groupe, le Canadian Group of Painters, se constitue en 1933, et compte une quarantaine de membres, dont Jackson à titre de membre fondateur.
Au cours des décennies suivantes, A.Y. Jackson continue à parcourir tous les coins du Canada, et illustre plusieurs livres. De 1943 à 1949, il enseigne à la Banff Summer School of Fine Arts. Il enseigne par ailleurs au Ontario College of Art. Une exposition majeure de ses oeuvres est tenue en 1953 au Musée des Beaux-Arts du Canada. Jackson demeure au Studio Building jusqu’en 1955, après quoi il déménage à Manotick, au Québec. Son départ signale la fin du premier grand mouvement artistique Canadien. Suite à un accident vasculaire cérébral en 1968, il s’installe à Kleinburg, où est désormais la McMichael Conservation Collection, où il décèdera à l’âge de 91 ans.
Collections:
- Musée des beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Musée des beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Museum London (London, ON)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)
- Tate Gallery (London, England)
- Collection d'Art Canadian McMichael (Kleinburg, ON)
- Université McGill (Montréal, QC)
- Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC)
- Winnipeg Art Gallery (Winnipeg, MN)
- Victoria University (Toronto, ON)
- Art House, University of Toronto (Toronto, ON)
- University of Toronto (Toronto, ON)
- London Public Library and Art Museum (London, ON)
- University of Saskatchewan (Saskatoon, SK)
- Women’s Art Association (Kitchener, ON)
- Edmonton Museum of Arts (Edmonton, AB)
- St-Petersbourg Art Gallery (St-Petersbourg, Russie)
- Wellington Gallery (Wellington, Nouvelle-Zélande)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Collection d'Art Firestone (Ottawa, ON)
Affiliations:
- Associé de l'Académie Royale des Arts du Canada (1914)
- Académie Royales des Arts du Canada (1919-1933, 1953)
- Ontario Society of Artists(1915)
- Groupe des Sept (1920)
- Canadian Group of Painters (1933)
- R.S.A.