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Maître Canadien Artistes contemporains
 


Alfred Pellan

Alfred Pellan (Alfred Pelland)
 
1906-1988
 
 
Alfred Pellan est né à Québec. Sa mère décède lorsqu’il est très jeune, et son père élève les trois enfants. Lorsqu’il est à l’école, il couvre de dessins les marges de ses cahiers et réussit extrêment bien ses cours d’arts plastiques, contrairement aux autres matières. À l’âge de 14 ans, Pellan entre à l’École des Beaux-Arts de Québec. Il s’avère un excellent élève et l’école est impressionnée par son sérieux, à tel point qu’on lui remet une clef pour les ateliers afin qu’il puisse travailler en tout temps. Au cours des cinq années qu’il passe à l’École des Beaux-Arts, Pellan remporte plusieurs prix; son talent est tel qu’en 1922, alors qu’il n’a que 16 ans, le Musée des Beaux-Arts du Canada fait l’acquisition d’une de ses toiles exposées au Salon du printemps à Montréal. Au cours de sa dernière année d’études, il remporte tous les prix en peinture, dessin, sculpture, esquisse, graphisme et anatomie. En 1926 vient sa plus grande récompense: le gouvernement du Québec lui octroie une bourse d'étude pour étudier à Paris. Il quitte le Canada et arrive à Paris à l’automne 1926.

Pellan poursuit sa formation à l’École Supérieure Nationale des Beaux-Arts de Paris, ainsi qu’à l’Académie Colarossi et l’Académie de la Grande Chaumière, de même qu’à l’atelier de Lucien Simon, alors considéré le meilleur professeur de peinture qui soit. En 1928, Pellan remporte le premier prix de l’École des Beaux-Arts de Paris et une exposition de ses œuvres est présentée à l’École des Beaux-Arts de Québec. À Paris, il passe la majeure partie de son temps à Montparnasse, où il s’intéresse graduellement au mouvement de l’art contemporain. Au cours des années subséquentes, il participe à des expositions collectives, dont notamment à l’École des Beaux-Arts et au Salon d’automne de Paris. En 1935, il est fort remarqué lorsqu’il remporte le premier prix au Salon de l’Art Mural de Paris, auquel participent également Fernand Léger et Pablo Picasso, ce qui donne la pleine mesure de cette réussite. La première exposition individuelle de Pellan a lieu la même année à l’Académie Ranson.

Durant son séjour en France, Pellan ne vend pas beaucoup d’œuvres, et se fie surtout au soutien financier de son père; il obtient aussi quelques contrats en graphisme. Pendant une courte période, il touche au design industriel et au design de textile; il crée une bouteille de parfum pour Revillon, ainsi que des motifs pour les tissus utilisés dans la confection de robes par Schiaparelli. En 1936, Pellan profite d’un bref retour au Canada  pour poser sa candidature comme professeur à l’École des Beaux-Arts de Québec. Nonobstant le succès qu’il remporte à Paris, il doit faire valoir ses compétences. Les œuvres soumises à cette fin sont jugées par les mêmes artistes qui avaient validé l’octroi de sa bourse d’études à Paris, soit
Clarence A. Gagnon et Horatio Walker. Il est reçu en entrevue par la le Secrétaire de la province puis est jugé trop avant-gardiste, donc une éventuelle mauvaise influence pour les étudiants. Pellan retourne donc à Paris où son travail est mieux reçu. 

En 1937, Pellan est agréablement surpris par la visite du Ministre des Beaux-Ars de la France et du curateur du Musée de Fontainebleau, qui lui achètent deux œuvres, maintenant exposées au Musée d’Art Moderne à Paris et au Musée de Grenoble. En 1939, Pellan est reconnu comme  l’un des peintres importants de l’École Française, à l’instar Dufy, Dali, Fautrier et Picasso, qui ont tous participe à l’exposition  Paris Painters of Today du Museum of Modern Art à Washington. Pellan se joint en outre aux autres artistes représentés par la galerie de Jeanne Bucher, dont Braque, Ernst, Kandinsky, Léger, Lurçat, Marcoussis, Picasso, Arp, Giacometti et Lipchitz.

Avec l’avènement de la Seconde Guerre Mondiale, Pellan est contraint de rentrer au Canada, avec 400 peintures et dessins; son passage est défrayé par le gouvernement québécois, qui se rembourse en œuvres de l’artiste.  Il arrive au Québec en 1940, et à peine quelques jours après son retour, le Museé National des Beaux-Arts du Québec présente une exposition regroupant 161 de ses œuvres. La même exposition est par la suite présentée par le Art Association of Montreal. Pellan decide de déménager à Montréal et s'installe chez
Philip Surrey quelques semaines, jusqu’à ce qu’il trouve un pied-à-terre qui lui convient. À Montréal, Pellan élargit son réseau par l’entremise de Philip Surrey: il rencontre  notamment Jori Smith, Jean Palardy, John Lyman, Jacques de Tonnancour, et Goodridge Roberts. Il se sent en outre des affinités avec le groupe d’artistes de Paul-Émile Borduas à l’École du Meuble.

En 1941, Pellan participe à la Première Exposition des Indépendants à Québec, aux côtés de John Lyman,
Goodridge Roberts, Philip Surrey, Eric Goldberg, Louise Gadbois, Louis Muhlstock, Paul-Émile Borduas, Jori Smith et Stanley Cosgrove. La même année, il est de l’exposition de la Société d’Art Contemporain de Montréal, puis passe l’été dans Charlevoix, chez Jori Smith et son époux Jean Palardy, où il peint des paysages et des portraits qui seront exposés à son atelier en décembre. En 1942, il présente une exposition individuelle à New York, participe à plusieurs expositions collectives et réalise deux murales pour la légation canadienne de Rio de Janeiro, au Brésil.

En 1943, Pellan est embauché comme professeur à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Ses objections quant à la philosophie académique et restrictive du directeur de l’École,  Charles Maillard, mènent à la démission de ce dernier en 1945, puis amènent une ambiance plus libre. Au cours des années qui suivent, Pellan continue à enseigner tout en exposant à l’étranger. Il participe à la Pan-American Exhibition au Andover Museum en 1942; à une exposition de peinture canadienne à Rio de  Janeiro et à la Yale University Art Gallery en 1943; à une exposition collective au Pavillon du Québec à New York en 1945. La même année, il représente officiellement le Canada lors d’une exposition regroupant les œuvres d’artistes de quarante pays au Art Institute of Chicago. En 1946, il est le premier Canadien dont le travail est exposé au Musée d’Art Moderne de Paris lors d’une exposition présentée par l’UNESCO. Pendant cette période, Pellan s’intéresse au theatre en cocnevant des costumes, des décors, des accessoires et des maquillages pour de nombreuses pièces. 

En 1948, refusant d’être associé au mouvement des Automatistes, Pellan forme Prisme d’Yeux avec un groupe d’artistes incluant
Léon Bellefleur, Jacques de Tonnancour, Albert Dumouchel, Jeanne Rhéaume et Goodridge Roberts. En février, ils publient leur manifeste, rédigé par Jacques de Tonnancour, revendiquant un art libre de toute idéologie restrictive. La première exposition officielle du groupe a lieu au Musée des Beaux-Arts du Canada et au Salon de peinture de l’École Technique à Trois-Rivières. Prisme d’Yeux est un regroupement informel, dont l’existence s’avère de courte durée. Après une seconde exposition avortée, le raz de marée suscité par la parution du Refus Global, Prisme d’Yeux disparaît quelques mois après sa création, et ses membres poursuivent leur carrière chacun de leur côté. Pellan remporte néanmoins la même année le premier prix en peinture lors du 65e Salon du printemps au Musée des Beaux-Arts de Montréal, ainsi que le premier prix lors des Concours artistiques de la province de Québec

Pendant les trois années qui suivent, Pellan enseigne, expose, et épouse une jeune femme,  Madeleine Polisena, qui fréquentait l’École des Beaux-Arts. En 1952, après y avoir passé neuf ans, il quitte son poste à l’École des Beaux-Arts. Par la suite, Pellan participe à de nombreuses expositions collectives, dont notamment l’exposition internationale de la XVIe  Biennale de Venise, le Festival de Montréal au Musée des Beaux-Arts de Montréal, la 11e Mostra Internationale di Bianco e Negro à Lugano, en Suisse, et deux autres expositions à Toronto. Toujours en 1952, une bourse lui est octroyée par la Royal Society of Canada pour études et recherche en France, ce qui lui permet de vivre à Paris jusqu’en 1955. Pendant ce séjour, il expose au Musée des Beaux-Arts du Canada, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, et participe à l’exposition Art for Israel au Bezalel Museum de Jérusalem. En 1954, le Coq Liban présente une exposition individuelle qui suscitera d’excellentes critiques. L’événement le plus marquant de l’année 1955 demeure la rétrospective que consacre à Pellan le Musée d’Art Moderne de Paris, lors de laquelle 181 œuvres sont exposées; le musée profite de l’occasion pour faire l’acquisition d’un tableau de grand format. Après la retrospective, Pellan revient au Canada, à l’atelier de Ste-Rose qu’il avait acheté en 1950. En 1956, peu de temps après le retour de l’artiste, le maire Jean Drapeau organise une exposition dans le Hall d’honneur de l’hôtel de ville de Montréal.

Au cours des trois décennies suivantes, Pellan participe à de nombreuses expositions, dont notamment au Museum London (1956, 1963, 1968); au Musée des Beaux-Arts du Canada (1956, 1957, 1959, 1965, 1967, 1968, 1982); au Musée des Beaux-Arts de Montréal (1957, 1966, 1975, 1978, 1981); au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (1958); à l’Instituto Nacional de Bellas Artes de Mexico (1958); à la Vancouver Art Gallery (1958); au Dallas Museum of Contemporary Art (1958); à l'Université du Manitoba (1959); à la Winnipeg Art Gallery (1959, 1967, 1979); au Museum of Modern Art de New York (1963); Musée Galliera in Paris (1963), Festival of Two Worlds in Spoleta, Italy (1963); à la Tate Gallery de Londres (1964); au Musée d’Art Contemporain de Montréal (1964, 1967, 1976, 1978, 1979, 1980); au Musée National des Beaux-Arts du Québec (1967, 1968); au pavillon du Canada lors d’Expo 67 (1967); au pavillon du Canada lors de l’Exposition Universelle d’Osaka (1970); à la Art Gallery of Ontario (1975, 1978); au Agnes Etherigton Art Centre de Kingston (1978); à la Edmonton Art Gallery (1978, 1980); au Musée d’Art Moderne à Paris (1980). 

Au cours de la même époque, plusieurs galeries consacrent à Pellan des expositions individuelles, tant à Montréal qu’à Ottawa, Toronto, Kitchener, Sherbrooke, Paris, Québec et Hamilton. Des rétrospectives sont tenues au Musée des Beaux-Arts du Canada (1960-1961, 1972-1973, 1980-1981), au Musée des Beaux-Arts de Montréal (1960-1961, 1972-1973), à la Art Gallery of Toronto (1960-1961), au Musée National des Beaux-Arts du Québec (1960-1961, 1972-1973), à la Kitchener-Waterloo Art Gallery (1964), au Howard Domain, Sherbrooke (1964), à la Winnipeg Art Gallery (1968); au Musée d’Art Contemporain de Montréal (1969); à l’Université Laval de Québec (1970).

En outre de sa carrière de peintre, Pellan participle à de nombreux projets au theatre, dont notamment la maquette de rideau pour le Montréal Théâtre Ballet (1957), la conception des costumes, accessoires et maquillages pour une pièce de Shakespeare présentée à la Place des Arts de Montréal  (1946) puis reprise au Théâtre du Nouveau-Monde (1968-1969). À compter de  1957, Pellan réalise de nombreuses murales incluant au City Centre Building à Montréal (1957); à l’École Saint-Patrice, Granby (1957); à l’École secondaire Immaculée-Conception, Granby (1960); trois murales pour les frères Miron (1962); à l’Aéroport de Winnipeg (1963); à la Place des Arts de Montréal (1963); à l’Église Saint-Théophile de Laval-Ouest (1964); à la Bibliothèque Nationale du Canada à Ottawa. 

Tout au long de sa fructueuse carrière, Pellan est jalonnée d’honneurs et de marques de reconnaissance: le premier prix du concours de murales, City Centre Building, Montréal (1956); bourse spéciale du Conseil des arts du Canada (1958); National Painting Prize, University of Alberta (1958); médaille du Conseil des arts du Canada (1965); Membre du jury à la 4ième Biennale de Paris (1965); membre de l’Ordre du Canada (1967); médaille du Centenaire de la Confédération (1967); doctorat honorifique, Université d’Ottawa (1969); Associé de l’Académie Royale des Arts du Canada (1971); doctorat honorifique,  Université Laval (1971); doctorat honorifique, Université Concordia (1971); prix Louis-Philippe Hébert de la Société Saint-Jean-Baptiste (1972); prix Molson, Conseil des arts du Canada (1972); membre de l'Académie Royale des Arts du Canada (1973); doctorat honorifique, Université de Montréal (1974), entre autres. 

Pendant les dix dernières années de sa vie, Pellan combat la leucémie, et il ne produit que cinq œuvres durant cette période. Il décède à Montréal, à l’âge de 82 ans. Suite à son décès, Le Musée d’art Contemporain de Montréal et le Musée National des Beaux-Arts du Québec lui consacrent des rétrospectives en 1993. D’autres expositions sont présentées au Musée d’Art Contemporain des Laurentides (2005), à Maison des Arts de Laval (2006), puis une rétrospective au Musée National des Beaux-Arts du Québec (2008).
 
 
 
 
 
Collections:
 
- Musée des  Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée d’Art Contemporain de Montréal (Montréal, QC)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Collection d'Art Canadien McMichael (Kleinburg, ON)
- Musée de Grenoble (Grenoble, France)
- Musée d’Art Moderne (Paris, France)
- Wellesley College Museum (Philadelphia, USA)
- Musée d’Art Contemporain des Laurentides (St-Jérôme, QC)
- Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke (Sherbrooke, QC)
- Tom Thomson Memorial Art Gallery (Owen Sound, ON)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Edmonton (Edmonton, AB)
- Art Gallery of Winnipeg (Winnipeg, MN)
- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)
- Art Gallery of Windsor (Windsor, ON)
- Art Gallery of Nova Scotia (Halifax, NS)
- Art Gallery of Greater Victoria (Victoria, BC)
- Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC)
- Mackenzie Art Gallery (Regina, SK)
- Musée du Bas St-Laurent (Rivière-du-Loup, QC)
- Musée Régional de la Côte-Nord (Sept-Îles, QC)
- Museum London (London, ON)
- Agnes Etherington Art Centre (Kingston, ON)
- The Robert McLaughlin Gallery (Oshawa, ON)
- Dalhousie Art Gallery (Halifax, NS)
- Simon Frasier Gallery (Burnaby, BC)
- Kitchener-Waterloo Art Gallery (Kitchener, ON)
- Beaverbrook Art Gallery (Fredericton, NB)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Musée Régional de Rimouski (Rimouski, QC)
- Musée Laurier (Montréal, QC)
- Musée de la Civilisation (Québec, QC)
- Musée Louis-Hémon (Péribonka, QC)
- Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal (Montréal, QC)
- Université Concordia (Montréal, QC)
- Université de Montréal (Montréal, QC)
- Galerie de l’UQAM (Montréal, QC)
- Musée des Maîtres et Artisans du Québec (St-Laurent, QC)
- La Pulperie de Chicoutimi (Chicoutimi, QC)
- Musée Pierre Boucher (Trois-Rivières, QC)
- Bata Shoe Museum Foundation (Toronto, ON)
- Conseil des arts du Canada (Ottawa, ON)
- Power Corporation of Canada (Montréal, QC)
- Firestone Art Collection (Ottawa, ON)
 
 
 
Affiliations:
 
- Société d’art contemporain
- Prisme d’Yeux (1948)
- Associé, Académie Royale des Arts du Canada (1971)
- Académicien, Académie Royale des Arts du Canada (1973)
- Ordre du Canada (1967)

 

 

 

 













 
 
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