Charles Huot (Charles Edouard Huot)
1855-1930
Né à Québec, Charles Huot démontre dès son jeune âge un intérêt marqué pour la peinture; il complète l’étude d’un Christ dans un coffre, que sa mère découvrira dix ans plus tard… Il étudie à Ste-Anne-de-la-Pocatière (1866-1970) puis à l’École Normale Laval (1870-1874) de à Québec, où on remarque déjà son talent. En 1874, l’abbé Pierre Lagacé, directeur de l’École Normale Laval, crée un comité chargé de fournir à des élèves les fonds requis pour étudier à l’École des Beaux-Arts de Paris. Grâce à ce soutien, Huot, qui a 19 ans, peut partir pour Paris où il étudie à l’Atelier Alexandre Cabanel. Pendant ce temps, il est hébergé par la famille de Gustave Lefèvre, directeur de l’École de Musique Classique et Religieuse Niedermeyer, qui lui enseigne aussi. En 1875, il est admis à l’École des Beaux-Arts, et y suit le programme établi. Huot est le premier parmi plusieurs Canadiens de sa génération à étudier à Paris.
En 1876, lors de sa première participation au Salon de Paris, Huot reçoit une mention honourable et quatre de ses tableaux sont acceptés pour l’exposition annuelle de l’École des Beaux-Arts. Il présente également des œuvres lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1878. Ayant terminé ses études à l’École des Beaux-Arts, probablement en 1879-80, il participe aux salons de 1881, 1882, 1884 et 1885; on lui décerne une médaille d’argent en 1885 lors de l’Exposition Noir et Blanc de Paris.
Au cours de cette période, Huot travaille à divers projets; il gagne sa vie en réalisant des commandes tout en créant de nombreuses illustrations pour le compte de la maison d’édition Hachette, Firmin-Didot and Delagrave. Il passe les vacances en France et parcourt l’Europe. Quelques années auparavant, il fait connaissance avec la fille d’un pasteur, qu’il épouse à Berlin en 1885.
L’année suivante, Huot rentre au Canada, où les Oblats lui confient la décoration de l’église Saint-Sauveur de Québec. Au mois de janvier 1887, les Oblats confirment la commande de 13 tableaux. Quelques jours plus tard, Huot quitte pour rejoindre son épouse à Paris, puis emménage chez son beau-père à Karczma, Pologne, où naîtra sa fille. Ayant l’usage d’un grand atelier, il s’atèle à créer cinq toiles destinées à la voûte de l’église St-Sauveur. Son travaille avance bien et, en janvier 1988, le journal de Québec Le Courrier du Canada fait état du succès remporté par Huot, qui expose les toiles en Allemagne à mesure qu’elles sont complétées. Les critiques flatteuses parues dans les journaux Rostock et Schwerin, fréquemment citées dans les périodiques du Québec, créent un climat favorable pour Huot, qui revient à Québec avec sa famille à la fin de 1889, chargé des cinq toiles terminées. La commande des Oblats pour l’église Saint-Sauveur est un véritable tremplin pour sa carrière: il peut désormais compter sur des appuis influents.
De retour chez lui, Huot doit se constituer une clientèle, mais doit terminer les huit œuvres qui compléteront la décoration de Saint-Sauveur, ce qui est fait en 1893. Déjà pendant l’été de 1890, il fait des portraits, parfois des paysages et des natures mortes. L’automne venu, il ouvre les portes de son école de peinture à son domicile.
Les années suivantes apportent plusieurs commandes provenant de paroisses variées à Québec, Beauport, Carleton. L’artiste accepte aussi des contrats qui lui assurent de la visibilité. Entre autres, Huot réalise une œuvre pour le Festival de l’Ordre du Mérite Agricole de 1890, ainsi qu’une photogravure d’un dessin du Carnaval de Québec de 1894 dont des milliers d’exemplaires sont vendus au Canada, et dont on tirera 30 000 copies à New York.
Huot participe pour la première fois en 1894 à l’exposition du Art Association of Montreal, et fait de même en 1908 et en 1909. À compter de 1895, il enseigne le dessin à l’École des Arts et Métiers de Québec.
En 1900, Huot présente une centaine d’œuvres à l’Assemblée Nationale, où se situait en 1898 du moins, son atelier. L’événement suscite des critiques dithyrambiques. Au cours des deux décennies suivantes, Huot réalise des commandes aux quatre coins du Québec: Chicoutimi, Rivière-du-Loup, Métabetchouan (Lac-Saint-Jean), Loretteville. Il ne néglige pas pour autant les Salons de l’Académie Royale des Arst du Canada, auxquels il participe en 1902, 1903, 1908 et en 1925.
À compter de 1903 et jusqu’au décès de son épouse en France en 1907, Huot fait la navette entre le Canada et l’Europe, suit des cours et peint. Il revient définitivement à Québec avec sa fille en 1907, sur le même bateau que M.-A. Suzor-Coté et Alfred Laliberté.
Au cours de la décennie suivante, Huot continue à recevoir des commandes pour des églises, travaille en illustration, voyage, effectue des recherches historiques pour la réalisation de ses œuvres, dont l’exécution de certaines lui demanderont jusqu’à sept années de travail.
Vers 1920, Huot commence à ralentir, quoiqu’il dessine en 1924 la médaille commémorant le tricentenaire de la consécration de la Nouvelle-France à Saint-Joseph. Il entame une dernière commande reçue du gouvernement provincial, et tombe malade. Laissant l’œuvre inachevée, il demande sur son lit de mort que le tableau soit complété par Ivan Neilson (alors directeur de l’École des Beaux-Arts de Québec et Charles Maillard de l’École des Beaux-Arts de Montréal. Ils achèveront l’œuvre en 1930, plusieurs mois après la mort de Huot, qui décède à Québec à l’âge de 75 ans.
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée de la Civilisation (Québec, QC)
- Parlement de la Province de Québec (Québec, QC)
- Commission Nationale des Champs de Bataille (Québec, QC)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Musée du Séminaire de Québec (Québec, QC)
- University d'Ottawa (Ottawa, ON)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Musée Tavet-Delacourt (Pontoise, France)