Clarence Gagnon (Clarence-Alphonse Gagnon)
1881-1942
Né à Montréal, Québec, Clarence Gagnon commence dès son jeune âge à dessiner et à peindre sous le regard approbateur de sa mère, qui lui fait la lecture en lui montrant les illustrations de ses livres, en particulier celles de l’artiste Français Paul Doré, éveillant probablement l’intérêt de Gagnon pour la gravure. À l’âge de 16 ans, il complète sa formation commerciale à l’École du Plateau, et son père tente en vain de le persuader de travailler en affaires.
Clarence veut être un artiste, et commence à suivre des cours au Art Association of Montreal, étudiant le dessin et la peinture sous William Brymner. En 1899, il passe une partie de l’été à l’extérieur en province et réalise des œuvres qui lui valent des bourses du Art Association of Montreal. Après deux ans au Art Association of Montreal, il travaille pour l’architecte William Maxwell, A.R.C., et passe ses étés à St-Joachmin. C’est à la résidence de Maxwell, en 1902, que Gagnon fait sa première gravure, à peine plus grande qu’une carte de visite. Gagnon a vraisemblablement étudié les gravures de Rembrandt, puisqu’il raconte à Robert Pilot l’emprunt qu’il a pu faire avec un collègue de six plaques de cuivres du Maître Hollandais, dont ils auraient fait plusieurs copies.
En 1903, le magnat James Morgan remarque le talent de Gagnon, et lui offre de payer ses études à Paris en échange des tableaux qu’il créera pendant son séjour. Un an s’écoule, et Gagnon demande d’autres fonds afin de se rendre en Italie, en Espagne et en France, ce qu’accepte Morgan. Morgan accepte également de résilier l’entente, avantageant ainsi Gagnon qui souhaite alors aller de l’avant par lui-même. Il suit des cours à l’Académie Julian de Paris et, en 1905, une de ses œuvres est primée à l’exposition de St-Louis. En 1906, une mention honorable est accordée à une de ses gravures. Des galeries de Dresde, Florence, Venise, Mulhausen, La Haye, ainsi que Le Petit Palais à Paris et le Victoria and Albert Museum de Londres font alors l’acquisition de ses gravures, dont plusieurs ont pour sujet des scènes de Normandie, de Bretagne et de Venise.
Gagnon revient au Canada en 1909 et s’installe à Baie St-Paul. Dans le comté de Charlevoix, il peint des scènes de la vie de l’habitant et il devient rapidement une figure familière de la communauté. Gagnon devient associé de l'Académie Royale des Arts du Canada en 1910, puis membre à part entière en 1922. Entre 1911 et 1914, il partage son temps entre Montréal, Paris et Baie St-Paul. À Paris, il continue à peindre des toiles basées sur ses esquisses de villages Québécois, et profite de voyages en Norvège pour se rappeler la neige et l’atmosphère nordique.
Lorsqu’il revient au Canada en 1914, il constate que plusieurs des ses toiles ses sont assombries, ont craqué, que leurs couleurs ont changé. Soupçonnant que la piètre qualité des peintures « industrielles » est à blâmer, il commence à utiliser des pigments qu’il broie avec de la graine de pavot et du vernis d’ambre. De 1916 à 1941, sa palette consiste de blanc, de rouge brilliant, de rouge cadmium, de jaune cadmium, d’orange cadmium, d’ultramarine, de bleu céleste, de violet cobalt et de turquoise.
En 1917, il repart pour la France et y demeurera jusqu’en 1919. À son retour il se marie et reste au Canada jusqu’en 1924. À Baie St-Paul, il travaille avec Edwin Holgate et A.Y. Jackson. Gagnon retourne à Paris, où il passe les douze prochaines années, durant lesquelles il illustre « Le grand silence blanc » de Pouquette (1929), puis « Maria Chapdelaine » de Louis Hémon (1933), tous deux publiés aux éditions Mornay. Contrairement à la pratique, Gagnon fait inscrire au contrat que les plaques devront être détruites et que les illustrations originales demeurent sa propriété. Quelques années plus tard, les œuvres devaient être achetées par le Ministres des Beaux-Arts du Québec de l’époque, mais la transaction ne peut avoir lieu à cause du décès de ce dernier. Les œuvres sont par la suite acquises par le colonel R. S. McLaughlin.
Le Art Club of Montreal rend homage à Clarence Gagnon lors de son retour au Canada en 1936, puis en 1938 les 54 toiles ayant servi à illustrer « Maria Chapdelaine » sont présentées lors d’expositions au Art Association of Montreal puis au Musée des Beaux-Arts du Canada. Il décède au Québec à l'âge de 60 ans. Après le décès de Clarence Gagnon en 1942, une exposition retrospective de son oeuvre est organisée par le Musée des Beaux-Arts du Canada.
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée des Beaux-arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée du Nouveau-Brunswick (St-John, NB)
- Archives Publiques de la Nouvelle-Écosse
- Beaverbrook Art Gallery (Fredericton, NB)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Collection d'Art Firestone (Ottawa, ON)
Affiliations:
- Associé de l'Académie Royale des Arts du Canada (1910)
- Académie Royale des Arts du Canada (1922-1942)