Edmont Dyonnet
1859-1954
Né à Crest, en France, il commence ses études à l’Écclésiastique de Crest. En 1868, sa famille part pour Turin, en Italie, où il poursuit sa scolarité jusqu’en 1873, quand les affaires de son père ramènent la famille à Crest. La famille émigre au Canada en 1875 et s’installe à Montréal. Dyonnet étudie à l’Institut National des Beaux-Arts sous l’abbé Joseph Chabert de 1875 à 1881 puis, désireux d’une formation plus poussée, il part pour l’Italie, où le professeur Gastaldi lui enseigne. Au travail sept jours sur sept afin de tirer le maximum de ses cours, Dyonnet est un élève exceptionnel. Pendant ses congés, il peint les Alpes. Il se rend à Gênes, Milan, Pavie, Vérone, Venise, Bologne, Florence, Pise, Rome, pour aboutir à Naples où il étudie auprès du professeur Marinelli. Il étudie également à la Scuola Libera ainsi qu’à l’Académie de France à la Villa Medici. Après un séjour de quatre ans en Italie, il revient à Montréal où il ouvre son atelier.
En 1891, le Conseil des Arts et Manufactures de Montréal nomme Dyonnet maître de dessin au Monument National, où il institue de meilleurs procédés d’enseignement. Ses méthodes font que les inscriptions au Conseil passent de 45 à 300 élèves. En 1892 il décore le Musée LaSalle, et travaille avec le sculpteur Louis-Philippe Hébert. Le portrait de Thomas Carli, qu’il réalise en contrepartie de la somme de75 $ ouvre la voie à sa carrière en ce domaine. À mesure que sa renomée s’étend, il est de mieux en mieux payé pour ses portraits.
Dyonnet commence à présenter ses œuvres à l’Académie Royale des Arts du Canada en 1893, et continue jusqu’en 1941. Il est élu associé de l’Académie Royale des Arts du Canada en 1893, puis membre à part entière en 1901. Toujours en 1893, il visite Chicago, l’Ouest canadien, séjourne en France, pour revenir au Canada en 1895 après un bref arrêt à New-York. En 1896, Dyonnet parcourt la Gaspésie, les Laurentides, et Berthier-sur-Mer. L’année suivante, il se rend à Beaupré et à l’Île d’Orléans avec d’autres élèves de Horatio Walker : Edmund Morris, Maurice Cullen et William Cruickshanck. Il revient y peindre en 1898 et en 1904, acompagné de Edmund Morris et de Curtis Williamson.
En 1916, il s’installe dans l’atelier qu’il occupera 33 ans. Il démissionne du Conseil des Arts et Manufacture en 1922 pour prendre la charge poste de Professeur de dessin à l’École des Beaux-Arts de Montréal, dont il a contribué à la fondation aux côtés de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté et d’Alfred Laliberté, ayant milité avec acharnement auprès du gouvernement du Québec quant au bien-fondé de la création d’une telle institution. Dyonnet y enseigne jusqu’en 1925. Il enseigne aussi à l’École Polytechnique (1907-1922), au Art Association of Montreal (1901-1908) ainsi qu’à la Faculté d’Architecture de l’Université McGill (1920-1936).
Dyonnet se lie d’amitié avec William Brymner, qui a présenté sa candidature à l’Académie Royale des Arts du Canada et au Pen and Pencil Club. Lorsque Brymner est president de l’Académie et que Dyonnet en est le secrétaire (pendant 32 ans), les affaires de l’Académie les réunisent quasi-quotidiennement. Après l’accident vasculaire cérébral de Brymner, Dyonnet l’aide à recouvrer la santé en l’accompagnant lors de marches qui lui permettront de reprendre les forces nécessaires pour aller peindre. Dyonnet, William Brymner et Maurice Cullen sont souvent invités chez Horatio Walker à l’île d’Orléans. En 1934, en collaboration H.C. Jones, il rédige "l’Histoire de l’Académie Royale des Arts du Canada" puis, à 92 ans, il rédige ses "Mémoires d’un Artiste Canadien" qui seront publiées de façon posthume.
Parmi les prix et honneurs conférés à Dyonnet au cours de sa carrière, on compte: la médaille d’argent lors de l’Exposition Panaméricaine de Buffalo (New–York) en 1901, la médaille d’argent lors de l’Exposition internationale de St-Louis (Missouri) en 1904. En 1910, le gouvernement Français le fait Officier de l’Académie. En plus d’être membre de l’Académie Royale des Arts du Canada, il est du Pen and Pencil Club ainsi que du Arts Club. Dyonnet a une forte influence auprès de plusieurs jeunes artistes qui deviendront des maîtres canadiens, dont notamment Goodridge Roberts, Narcisse Poirier, Clarence Gagnon, Robert Pilot, Thomas Garside, A.Y. Jackson et Marc-Aurèle Fortin. Il décède à Montréal, à l’âge de 95 ans.
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Art Gallery of Greater Victoria (Victoria, BC)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée du Séminaire de Québec (Québec, QC)
- Musée de la Guerre (Ottawa, ON)
- Agnes Etherington Art Center (Kingston, ON)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
Affiliations:
- Associé de L'Académie Royale des Arts du Canada (1893)
- Académie Royale des Arts du Canada (1901)
- Pen and Pencil Club
- Arts Club