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Maître Canadien Artistes contemporains
 


F.S. Coburn

F.S Coburn (Frederick Simpson Coburn)

1871-1960

F.S. Coburn est né à Upper Melbourne, au Québec. Tout jeune, il esquisse souvent des profils et des chevaux. Un ami de la famille remarque son talent et il l’aide à obtenir des conseils chez  Notman and Sandham à Montréal. Coburn est éventuellement dirigé vers le Conseil des Arts et Manufactures à Montréal, où il étudie auprès de C.S. Stevenson. Pendant ses études, son talent hors du commun lui apporte de nombreux contrats, notamment pour le Dominion Illustrated. En 1889, constatant que Coburn a tiré tout ce qu’il pouvait du programme, le directeur de l’école conseille à ses parents de l’envoyer poursuivre sa formation à New-York à la Carl Hecker School of Art. Après son séjour à New-York, Coburn part pour l’Allemagne, où il parfait sa technique à l’Académie Royale de Berlin, sous Franz Skarbina et Julius Ehrentraut. Une fois diplômé de l’académie berlinoise, il fait un bref passage à Munich pour y poursuivre ses études. À son retour à Berlin vers la fin de 1891, Coburn apprend le décès de sa mère et il rentre au Canada.

Au printemps 1892, Coburn part de nouveau vers l’Europe et s’installe à Paris pour étudier à l’École des Beaux-Arts. Les fortes notes qu’il rapporte de Berlin lui valent d’être parmi les rares élèves ayant le privilège de travailler directement avec le maître Jean-Léon Gérôme dans son atelier. Au cours des trois années qui suivent, tout en étudiant auprès de Gérôme, Coburn exécute des mandats pour plusieurs éditeurs Nord-Américains, incluant notamment Harper’s Magazine, McClure’s New Monthly Magazine et The Monthly Illustrator. Ces contrats permettent à Coburn de revenir régulièrement au Canada pendant ses études en France, et ainsi de maintenir le contact avec sa famille et ses amis.

En 1896, Coburn recontre le docteur William Henry Drummond qui lui confie la tâche d’illustrer son nouveau recueil : “The Habitant and other French Canadian Poems”, premier parmi le grand nombre d’ouvrages qu’illustrera Coburn tout au long de sa carrière.  Pour ce contrat, l’artiste passe des semaines dans des familles d’habitants, en y faisant croquis est esquisses qui lui permettront de créer des illustrations reflétant le caractère canadien-français. Une fois complétée, l’œuvre remporte un grand succès et Coburn illustrera désormais tous les livres de Drummond. Par le biais des contacts du docteur Drummond et grace à son éditeur New-Yorkais, Putnam’s, Coburn aura l’occasion d’illustrer les écrits d’auteurs Canadiens tells que Louis Fréchette, ainsi que d’auteurs Américains et Britanniques tells que Edgar Allen Poe, Washington Irving, Charles Dickens, Lord Tennyson, Oliver Goldsmith et Robert Browning.

En 1896, Coburn part pour Londres et s’inscrit à la Slade School of Art pour l’année académique 1896-1897. Il y étudie auprès de Frederick Brown et Henry Tonks qui l’encouragent à « interpréter le sujet plutôt qu’à chercher à en faire la parfaite reproduction ». Pendant son séjour à Londres, Coburn fait des illustrations représentant la faune canadienne pour le compte du London Sporting and Dramatic News; il travaille aussi pour le London News. En 1897, il quitte l’Angleterre puis s’inscrit à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts d’Anvers, en Belgique, et étudie la peinture à l’atelier d’Albrecht De Vriendt. À Anvers, Coburn fait connaissance avec Malvina Sheepers, une étudiante des beaux-arts qui deviendra son épouse plusieurs années plus tard. Au mois de mai 1898, il remporte la bourse “Goot” de Belgique, convoitée  par des concurrents Belges, Français, Anglais, Américains et Allemands, devenant du coup le premier étranger à remporter cet honneur. Les avantages du prix sont nombreux : un atelier, des études, des modèles et des costumes gratuits pendant deux ans, en plus du libre accès aux bibliothèques d’art. Au cours de l’été de la même année, il revient au Canada et s’attèle à la tâche d’illustrer le second livre du docteur Drummond, "Madeleine Verchères", puis repart croquer les habitants près de Québec, à Beaupré et à St-Joachim. Il s’installe alors dans une pension que fréquentent
Edmond Dyonnet et Maurice Cullen.

Coburn revient à ses études et à son atelier d’Anvers en 1898 et au cours des quinze années qui suivent, il continue à illustrer les ouvrages de divers auteurs connus, tout en faisant des séjours occasionnels au Canada. En 1903, il juge qu’il serait bénéfique pour lui d’élargir ses champs d’intérêt. Coburn part donc pour les Pays-Bas où il visite La Haye et se familiarise avec les artistes de l’École de La Haye, tels que les frères Maris et Jan Hendrik Weissenbruch. Le séjour néerlandais de Coburn s’avère fort bénéfique et influencera dès lors son travail, notamment ses formations nuageuses ainsi que les effets de lumière dans divers contextes atmosphériques.

À compter de 1910, Coburn accepte moins de commandes pour se concentrer sur la peinture. En 1913, il refuse presque tous les contrats qu’on lui propose. La guerre imminente et la santé fragile de son père, toujours à Melbourne, convainquent Coburn de rentrer au Canada. Il met un terme à sa prospère carrière d’illustrateur et se consacre entièrement à la peinture. De retour au pays, il s’installe dans sa ville natale de Upper Melbourne, où il fait construire son atelier.

En 1915, la guerre fait rage en Europe et Mavina Sheepers vient enfin rejoindre Coburn à Melbourne. Une fois marié, le couple partage son temps entre Melbourne et Montréal, où il a aussi un atelier. Coburn, qui jusqu’à cette époque travaille avec une palette sombre, “hollandaise”, ou en noir en blanc pour l’illustration, commence à explorer les couleurs plus vives suite aux encouragements en ce sens reçus de son ami le peintre Maurice Cullen. Il participe aux salons de l’Académie Royale des Arts du Canada et du Art Association of Montreal,  et il expose à la Watson Art Gallery. Il travaille désormais son sujet de prédilection: les paysages de l’hiver canadien où figurent des chevaux, scènes qui font sa renommée et assurent son succès jusqu’à la fin de sa carrière. En 1917, le Art Association of Montreal présente une exposition regroupant quarante illustrations originales et des reproductions de Coburn, don’t notamment des œuvres utilisées pour illustrer les ouvrages du docteur Drummond. En 1920, Coburn devient associé de l’Académie Royale des arts du Canada; il en devient membre à part entière en 1928.

Après la guerre, Coburn et son épouse recommencent à voyager en Europe. Au cours des années menant à 1933, le couple partage son temps entre l’Europe, Melbourne et Montréal, et Coburn vend la plupart de ses toiles – il a parfois du mal à satisfaire à la demande. Durant les années 1920, il explore la gravure et accepte de réaliser quelques commandes. En 1928, la Imperial Gallery of Art à Londres expose une des ses œuvres, à l’instar du Musée des Beaux-Arts du Canada qui récidive l’année suivante. En 1929, le prix Jessie Dow lui est décerné lors du Salon du printemps du Art Association of Montreal. Déjà bien établi auprès des marchands d’art montréalais, dont notamment la Watson Art Gallery et W. Scott & Sons, son succès auprès du public est tel que Coburn, tout comme Maurice Cullen, est l’un des rares artistes en mesure de vendre la plupart de leurs tableaux même durant la Dépression.

En 1933, Malvina Coburn Sheepers meurt du cancer lorsque le couple est en voyage en Europe. Coburn, qui a alors soixante-deux ans, est profondément affecté par le décès de son épouse et il s’ensuit une période d’introspection et de réévaluation. Il se sent déprimé et inerte, ce qui pèse sur sa santé. En outre, il refuse de sortir et arrête de peindre. Inquiet, son ami le peintre
Edmond Dyonnet tente de le convaincre de retourner à ses pinceaux. Dyonnet emmène Coburn au Pen & Pencil Club of Montreal, dont il est élu membre, avec entre autres Edmond Dyonnet, Adrien Hébert, Paul B. Earl, Edwin Holgate et W.M. Barnes. Dyonnet lui mentionne également un jeune modèle et danseuse professionnelle, Carlotta (née Marguerite Charlotte Lavoie), et il lui suggère de l’engager. Carlotta se rend à l’atelier de Coburn, et l’artiste commence à renaître. Un lien très fort se développe entre eux, la santé de Coburn s’améliore, et il retrouve son enthousiasme d’antan pour la peinture. Coburn peint plusieurs magnifiques nus, ainsi que des portraits et toile de grand format représentant Carlotta dans ses habits de danse, dont plusieurs seront exposés au Art Association of Montreal en 1936.

À peu près à la même époque, Carlotta et son partenaire de danse Alvarez (né Gérard Hébert) inaugurent un studio de danse à Montréal. Coburn, bien qu’il soit dans la soixantaine, y suit des cours et devient la coqueluche de la belle société grâce à ce nouvel intérêt et à ses amis du studio. Il s’intéresse plus tard à la photographie, et son sujet de prédilection sera les danseurs. Il devient  collaborateur de la revue Dance Magazine, dont la couverture est souvent illustrée d’une de ses photographies.

Dans les années qui suivent, le succès de Coburn va croissant. En 1936, l’Université Bishop’s de Sherbrooke lui décerne un doctorat honorifique en droit. En 1938, il est de l’exposition A Century of Canadian Painting présentée à la Tate Gallery de Londres. En 1940, la Stevens Art Gallery à Montréal présente une exposition conjointe de Coburn et de  Frank Charles Hennesey. En 1941, il devient membre senior de l’Académie Royale des Arts du Canada, puis est élu président du Pen & Pencil Club of Montreal. Il peint beaucoup, présente ses œuvres dans de nombreuses galeries, et expose au Salon du Art Association of Montreal jusqu’en 1944 ainsi qu’à celui de l’Académie Royale des Arts du Canada jusqu’en 1954.

Au cours des années 1950, bien qu’il crée moins, il continue à bien gagner sa vie, surtout grâce aux royautés perçues d’éditeurs qui produisent des reproductions d’œuvres antérieures. Sur une période de trente ans, plusieurs articles sont publiés sur Coburn et sur son art. En 1958, sa biographie est publiée et l’année suivante une de ses toiles est reproduite, tout comme une œuvre de
Louis Muhsltock, pour promouvoir trois expositions montréalaises regroupant une centaine d’artistes. Coburn décède à Melbourne à l’âge de 89 ans.

 


Collections:

- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des National Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Museé des Beaux-Arts de Sherbrooke (Sherbrooke, QC)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Tate Gallery (London, England)
- National Gallery of Brisbane (Brisbane, Australia)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)
- Art Gallery of Nova Scotia (Halifax, NS)
- Edmonton Art Gallery (Edmonton, AB)
- Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC)
- The Winnipeg Art Gallery (Winnipeg, MN)
- Museum London (London, ON)
- Mendel Art Gallery (Saskatoon, SK)
- Agnes Etherington Art Centre (Kingston, ON)
- The Robert McLaughlin Gallery (Oshawa, ON)
- Musée Pierre-Boucher (Trois-Rivières, QC)
- Musée Beaulne (Coaticook, QC)
- Bibliothèque et Archives Canada (Ottawa, ON)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Sobey Art Collection (Stellarton, NS)

 

Affiliations:

- Associé de l'Académie Royale des Arts du Canada (1920)
- Académie Royale des Arts du Canada (1928)
- Pen & Pencil Club of Montreal (1933), Président (1941-      )
- Académicien senior de l’Académie Royale des Arts du Canada (1941)

 

 

 

 













 
 
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