Né à Dantzig, on le retire de l’école pour l’enrôler dans l’armée allemande en 1915. Envoyé sur le front Ouest, il capturé en 1916 et attend la fin de la guerre dans une prison militaire française. Il revient en Allemagne après la guerre, où il devient l’assistant et l’élève d’August Pfuhle à l’Université de Dantzig (1920-1928). Pour arrondir ses fins de mois au cours de cette période, il se fait également vendeur, décorateur de vitrines et dessinateur commercial. Brandtner retourne en France, puis se rend en Pologne et en Russie pour revenir dans sa ville natale y donner des cours à la faculté d’architecture de l’Université de Dantzig. Lors de visites à la galerie publique de Dantzig, il étudie les maîtres anciens ainsi que les toiles des modernistes, Hofer, Beckman, Modigliani, Picasso, Grosz, Feininger et autres, et est grandement influencé par les expressionnistes allemands. Par ailleurs, il explore divers aspects de la peinture et cumule des connaissances solides tant en beaux-arts qu’en art commercial.
Un artiste accompli lorsqu’il arrive au Canada en 1928, il s’installe à Winnipeg, où il demeurera six ans. Les emplois étant rares, il travaille comme peintre en bâtiment puis est éventuellement embauché par Brigden’s comme artiste commercial, designer; pendant ce temps, il travaille également à des murales et réalise des décors scéniques pour des sociétés et des tournages locaux. Il fait connaissance puis se lie d’amitié avec Lionel Lemoine Fitzgerald, alors directeur de la Winnipeg School of Art. À la même époque, il fait la rencontre des artistes canadiens Philip Surrey et Bertram Brooker. Brandtner amène de nouvelles idées au Canada, dérivées de ses influences que sont l’expressionnisme et le modernisme allemands. Fitzgerald, une des rares figures du monde artistique de Winnipeg se montrant ouvert à l’art de Brandtner, aide ce dernier à faire immigrer sa fianciée de l’Europe vers le Canada. Plus tard, il conseille à son ami de se diriger vers Montréal, dont le caractère cosmopolite recevrait mieux son travail. Winnipeg est alors résolument traditionnelle, tandis qu’à Toronto toute l’attention est concentrée sur le Groupe des Sept. Avant de quitter Winnipeg, Brandtner présente une exposition solo de 150 œuvres à la Winnipeg School of Art. En 1934 il part vers l’Est et s’installe à Montréal avec son épouse.
À Montréal, Brandtner est embauché pour faire les vitrines de la T. Eaton Company. Fitzgerald lui avait présenté Robert Ayre, qui lui présente à son tour plusieurs artistes Montréalais émergents, dont Jori Smith, André Bieler, Louis Muhlstock, Anne Savage et John Lyman. En 1936 la Ligue Canadienne Contre la Guerre et le Fascisme (Canadian League Against War and Fascism) parraine une exposition d’œuvres de Brandtner prenant position contre la souffrance et la pauvreté, le fascisme et la guerre. Parmi les visiteurs de l’exposition, on compte le Dr. Norman Bethune et Marian Scott, et Bethune sera le premier Montréalais à acheter une œuvre de Brandtner. De la rencontre de Bethune, Scott et Brandtner naîtra le Children’s Art Centre. Brandtner amène aussi l’art au Children’s Memorial Hospital et offre aux enfants handicapés l’occasion d’avoir une vie plus agreeable, ainsi qu’une plus grande autonomie par le biais de la ludothérapie. Tout au long de sa carrière, Brandtner met de l’avant sa grande sensibilité quant à diverses questions sociales.
Le travail de Brandtner est varié: huile, aquarelle, graphisme, techniques mixtes, encaustique et linogravure peinte. Tant dans ses œuvres figuratives qu’abstraites, les sujets traités comprennent les paysages, les scènes urbaines, les portraits, l’imagerie anti-guerre ainsi que les natures mortes. Il a un souci particulier pour la promotion de l’utilisation du linoléum pour la decoration murale, et produit des panneaux de petit et grand formats. Brandtner utilise d’ailleurs ce médium pour la décoration au Bishop’s College, à la Bell Telephone Co. of Canada, au Berkley Hotel de Montréal, au C.N.R. Hotel de Vancouver, à la Gare Centrale de Montréal, à l’Hôtel Reine Elizabeth, Montréal, pour la province de Saskatchewan pour la World’s Grain Exhibition de 1933, la Place Ville Marie de Montréal, et bien d’autres.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Brandtner produit plusieurs dessins pour l’effort de guerre, in situ à la manufacture de la Canadian Vickers (1943), dont vingt sont exposée avec vingt autres œuvres de Louis Muhlstock sur le même thème. Le succès de Brandtner réside dans la structure semi-abstraite sous-jacente à son œuvre. Au fil des vingt années suivantes, il enseigne dans divers organismes communautaires et écoles, et dirige pendant de nombreuses années l’École d’Arts Plastique d’été de la University of New Brunswick. Tout comme Pegi Nicol Macleod et Louis Muhlstock, il contribue des illustrations à des revues telles que The Canadian Forum et New Frontier. Il effectue plusieurs voyages à Georgian Bay, en Gaspésie, dans les Laurentides et en Nouvelle-Écosse, donne plusieurs cours et participe à plusieurs conférences. En outre, il est imliqué dans l'administration de presque toutes les sociétés auxquelles il est affilié. Brandtner décède à Montréal à l’âge de 73 ans.
Les prix lui ayant été décernés comprennent: le Prix Jessie Dow en aquarelle (1946) au Art Association of Montreal; 1ere Mention Honorable, section Peinture et Arts Graphiques, 14e Olympiades, Londres, Angleterre (1948); le prix du Conseil des Art Visuels du Canada (1968). En outre de ses expositions solo, ses oeuvres sont régulièrement présentées au Art Association of Montreal; lors de l’exposition annuelle du Canadian Group of Painters; lors des expositions annuelles de la Canadian Society of Painters in Watercolours; lors des expositions annuelles de la Canadian Society of Graphic Arts. Une retrospective est tenue au Agnes Etherington Art Center (1982), laquelle est par la suite présentée par la Art Gallery of Greater Victoria (1982), la Art Gallery of Windsor (1982), la Art Gallery of Hamilton (1982) ainsi que par le Musée National des Beaux-Arts du Québec (1983). La Galerie Kastel de Montréal organise aussi une retrospective en 1985. L’exposition tenue en 2003 au Musée des Beaux-Arts de Montréal est la dernière rétrospective à ce jour de l’œuvre de Brandtner.
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON) - Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC) - Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC) - Musée d’Art Contemporain de Montréal (Montréal, QC) - Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC) - Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON) - Art Gallery of Ontario (Toronto, ON) - Art Gallery of Windsor (Windsor, ON) - Edmonton Art Gallery (Edmonton, AB) - Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC) - Hart House, University of Toronto (Toronto, ON) - University of Guelph (Guelph, ON) - University of New-Brunswick (St-Johns, NB) - Concordia University (Montreal. QC) - Agnes Etherington Art Center (Kingston, ON) - Department of External Affairs (Ottawa, ON) - Collection d'Art Firestone (Ottawa, ON) - Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
Affiliations:
- Manitoba Society of Artist (1931) - Canadian Society of Painters in Water Colour (1935-1957) - Société d'art Contemporain (1939-1940) - Fédération des Artsites Canadiens (1941) - Canadian Group of Painters (1942) - Fellow of the International Institute of Arts and Letters (1960) - Groupe du Québec Moderne