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Maître Canadien Artistes contemporains
 


Goodridge Roberts

Goodridge Roberts (William Goodridge Roberts)
 
1904-1974


Goodridge Roberts est né à la Barbade, où ses parents étaient en vacances. La famille vit à Fredericton jusqu’en 1908, lorsqu’elle déménage en Angleterre, puis en France, pour revenir à Fredericton en 1912. En 1914, le père de Roberts est posté par l’armée en Angleterre et sa famille l’y suit. Après avoir vécu à Tidworth puis à Folkestone, la famille s’installe à Londres en 1916. Un jour de printemps, après une averse, Roberts est frappé par la beauté de la scène qui s’offre  à lui, et désire témoigner de ce qu’il voit. À compter de ce jour, il dessine et peint à l’occasion.
 
En 1919, après la guerre, la famille Roberts rentre à Fredericton, et Roberts y fréquente brièvement la Charlotte Street School, jusqu’à ce que la famille déménage à Ottawa. Au cours de l’été 1920, passé à Kingsmere, le désir de peindre de Roberts s’aiguise. Son père prend sa retraite de l’armée en 1920, et la famille revient à Fredericton.
 
En 1923, Roberts termine ses études au Fredericton High School et s’inscrit l’automne suivant à la toute nouvelle École des Beaux-Arts de Montréal. Il y étudie jusqu’au printemps 1925, entre autres sous les auspices de
Edmond Dyonnet et de Charles Maillard.  Au cours de sa première année à l’École des Beaux-Arts, il rafle tous les prix.  La rétrospective de l’œuvre de James W. Morrice, vue au début de 1925, marque profondément le jeune artiste.
 
En 1926, Roberts part pour New York, où il poursuit sa formation au Art Students League auprès de John Sloan, Max Weber et Boardman Robinson. Il découvre les primitifs italiens ainsi que les modernes français, et voit pour la première fois des œuvres de Cézanne, Picasso et Matisse. De retour à Fredericton en 1929, il travaille un an au service forestier provincial, à titre de dessinateur. Au cours de cette période, il lui arrive souvent de peindre deux aquarelles ou gouaches dans une même journée, soit une avant le travail, l’autre après.

En 1930, Roberts déménage à Ottawa, et exerce brièvement le métier de vendeur  pour Fuller Brushes. En 1931, il se tourne vers l’enseignement et fonde une école d’été en arts à Wakefield, au Québec. Plusieurs notables d’Ottawa assistent à l’ouverture officielle, dont le poète Duncan Campbell et Eric Brown, directeur du Musée des Beaux-Arts du Canada.  La même année a lieu sa première exposition d’esquisses et d’aquarelles, à la Ottawa Art Association et chez Lyle Courtney.

L’été suivant, Roberts plante sa tente sur le domaine H.O. McCurry, directeur adjoint du Musée des Beaux-Arts du Canada, et y demeure jusqu’à la fin de l’automne, à peindre les divers sujets proposés par le site. Plus tard au cours de la même année, sa première exposition individuelle sera tenue au Arts Club of Montreal, laquelle est organisée par son collègue de l’École des Beaux-Arts, Ernst Neumann. Lors de cette exposition, on présente Roberts à l’artiste canadien John Lyman, qui donne à l’artiste sa première reconnaissance critique et acquiert une œuvre.

En 1933, John Lyman invite Roberts à participer à une exposition collective chez Henry Morgan & Co. à Montréal. L’été venu, il plante sa tente dans les environs d’Ottawa et y peint jusqu’à son départ pour Kingston, où il se rend à l’automne. Grâce à une bourse offerte par la Carnegie Foundation, il devient le premier artiste résident de la Queen’s University. Roberts se marie la même année. Par la suite, Roberts partage son temps entre la peinture, les expositions et l’enseignement. En 1935, il franchit une étape importante: il produit ses premiers paysages réalisés à l’huile, le médium pour lequel il sera éventuellement mieux connu.
 
Après la session du printemps 1936, le contrat de Roberts avec la Queen’s University n’est pas renouvelé. André Biéler le remplace comme artiste résident, et Roberts se trouve plutôt soulagé, disposant désormais de plus de temps pour peindre. Il déménage alors à Montréal avec son épouse, partage un atelier avec son ami Ernst Neumann, et fonde la Roberts-Neumann School of Art. À cette époque, il continue de peindre à Ottawa, mais aussi dans les Laurentides ainsi que dans la région de Gatineau. En 1938, sa première exposition majeure est tenue chez W. Scott and Sons à Montréal, avec l’artiste canadien réputé
A.Y. Jackson. Il participe a trois autres expositions au cours de l’année et devient membre en règle du Eastern Group of Painters.
 
L’année suivante, Roberts participe à plusieurs expositions, ainsi qu’à l’Exposition Universelle de New York.  Le prix Jessie Dow lui est décerné lors de l’Exposition du Printemps au Art Association of Montreal. Au cours de l’été (tout comme l’été suivant), il peint près de St-Jovite dans les Laurentides, où John Lyman a un chalet. À l’automne, il commence à enseigner  au Art Association of Montreal, activité qu’il poursuivra jusqu’en  1949, sauf de 1943 à 1945, pendant son service durant la guerre. Membre en règle de la Société d’Art Contemporain, il est élu membre de la Société Canadienne de Peintres en Aquarelle ainsi que de la Canadian Society of Graphic Art.
 
Pendant les années subséquentes, Roberts participe à de nombreuses expositions. Il présente ses œuvres au Art Association of Montreal, à la Société d’Art Contemporain, au Arts Club of Montreal ainsi qu’à l’École des Beaux-Arts de Quebec. En 1942, il est le principal enseignant au Art Association of Montreal. L’année 1943 marque ses premiers succès financiers: quarante-huit tableaux trouvent preneur sur les soixante exposés lors d’une exposition tenue à la Dominion Gallery de Montréal. Plus tard au cours de la même année, il s’enrôle dans la Royal Canadian Air Force comme peintre de guerre, suite à quoi il est envoyé outre-Atlantique. Il produit de nombreux dessins et aquarelles pour la Collection d'œuvres commémoratives de la guerre. Pendant qu’il est à l’étranger, des expositions de son œuvre sont présentées dans l’Ouest canadien, au collège Jean-de-Brébeuf à Montréal,  (organisée par Jacques De Tonnancour) ainsi qu’à la War Art Exhibition à la National Gallery de Londres. De retour au Canada en 1945, Roberts reçoit sa décharge des forces aériennes. Il passe l’été à peindre dans les Cantons de l’Est, puis à l’automne il reprend l’enseignement au Art Association of Montreal. Sa première épouse et lui se séparent l’année suivante.
 
Au cours des sept années suivantes, il peint à Georgian Bay (1947, 1952), dans les Cantons de l’Est (1948, 1952) et dans les Laurentides (1949, 1950), ainsi que dans Charlevoix (1950-1951), où il travaillait en compagnie de
Jean-Paul Lemieux et Edmund Alleyn. Il expose à plusieurs reprises et se voit décerner divers gages de reconnaissance. En 1946, à l’instar de son compatriote Henri Masson, Roberts représente le Canada lors de l’Exposition d’Art International de l’UNESCO. En 1948, on inclut ses oeuvres lors de l’exposition Canadian Contemporary Painting du Canadian Club of New York, ainsi que de l’exposition Six Canadian Painters tenue à Palm Beach, en Floride. En 1949, il remporte le second prix du Concours Artistique de la province du Québec, et le Boston Museum of Fine Arts présente de ses œuvres dans le cadre de son exposition Forty Years of Canadian Painting. Toujours en 1949, il expose au Musée National des Beaux-Arts du Québec, puis au Musée des Beaux-Arts du Canada (1950), avec Paul-Émile Borduas et Stanley Cosgrove. On le compte aussi parmi les artistes mis en valeur dans l’exposition Painters of Canada présentée par le Virginia Museum of Fine Arts; en 1950, il est de l’exposition Canadian Painting organisée par le Musée des Beaux-Arts du Canada et présentée à la National Gallery of Art, à Washington, D.C. En 1951, il est représenté lors de la biennale de Sao Paolo et l’année suivante, il est choisi, avec Emily Carr, David Milne et Alfred Pellan pour représenter le Canada lors de la première participation de celui-ci à la biennale de Venise.  En 1952, il est de la Carnegie International Exhibition of Contemporary Painting à Pittsburgh, première participation canadienne en vingt ans.  Durant la même année, une de ses œuvres est offerte à Sa Majesté la Reine Elisabeth II. En outre, tout au long de cette période, il présente une exposition annuelle à la Dominion Gallery de Montréal et ce, jusqu’en 1956.
 
Durant l’hiver 1953, Roberts peint quarante natures mortes dans son atelier. Suite au décès de son père le même hiver,  il se consacre brièvement aux autoportraits. Plus tard au cours de l’année, on retrouve de nouveau ses œuvres à la biennale de Sao Paolo, et le gouvernement canadien lui octroie une bourse pour un séjour d’un an en France, tout comme à son ami
Stanley Cosgrove. Il arrive à Paris en novembre, et peint des natures mortes et des scènes d’intérieur. Il se rend par la suite à Londres, Bruxelles, Amsterdam, La Haye et Rotterdam. Suite à son mariage avec sa seconde épouse, il se rend avec elle en Italie, où ils visitent Florence, Rome, Venise et Padoue. De retour en France, ils s’installent à St-Raphaël, sur la Côte d’Azur. Roberts revient au Canada à la fin du mois de juin 1954 et passe l’été à peindre dans les Laurentides avant de s’installer à Montréal. À la fin de l’année, il fait un court voyage à Paris pour assister à une rétrospective que lui consacre la  Galerie R. Creuze.
 
De la fin de 1954 à 1956, Roberts expose souvent à l’étranger: il participe à l’exposition Exhibition of Canadian Painiting organisée par le Musée des Beaux-Arts du Canada et présentée au Sri Lanka, au Pakistan et en Inde (1954-1955); en 1955, il est de l’exposition d’artistes canadiens montée par le gouvernement ontarien et présentée chez Fortnum and Mason en Angleterre; de même lors de la Carnegie International Exhibition de Pittsburgh et à la International Exhibition of Paintings pour le IVe Centenaire de Valence en Espagne.  Il retourne peindre à Georgian Bay au cours de l’année, ce qu’il fera sur une base quasi-annuelle jusqu’à la fin de sa vie.  En 1956, Roberts est élu membre de l’Académie Royale des Arts du Canada.
 
En 1957, il reçoit pour la seconde fois le prix Jessie Dow lors de l’exposition du printemps au Art Association of Montreal. Le Junior League Award lui est décerné lors de l’Exposition de Winnipeg de la même année.  En 1958, Roberts est représenté lors de la Biennale inter-américaine de Mexico, ainsi qu’au Pavillon du Canada lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles.  En 1959, lors de la 3e Biennale d’Art Canadien du Musée des Beaux-Arts du Canada, il reçoit le Glazebrook Award, catégorie paysage. Récipiendaire d’une bourse du Conseil des Arts du Canada, il devient le premier artiste en résidence à la University of New Brunswick. Pendant son séjour néo-brunswickois, il peint pour la première des paysages d’hiver. Il demeure à l’université jusqu’en 1960, et on lui confère un doctorat honoris cause lors de son départ.  De retour au Québec, il revient à son chalet de Calumet, acheté en 1956.

De 1960 à 1974, Roberts continue d’exposer à divers endroits, dont notamment au Musée des Beaux-Arts du Canada, à la Galerie d'Art Beaverbrook, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, à la Tate Gallery et au Commonwealth Institute de Londres, ainsi qu’au Pavillon du Canada lors de l’Expo 67. Il peint toujours à Georgian Bay, Calumet, Montréal et dans les Cantons de l’Est, et plusieurs expositions individuelles lui sont consacrées dans des galeries privées d’un bout à l’autre du Canada. En 1969, le Musée des Beaux-Arts du Canada lui consacre une rétrospective, honneur insigne pour un artiste toujours vivant.  Il reçoit l’Ordre du Canada la même année.

Roberts meurt à Montréal, à l’âge de 69 ans. Après son décès, une rétrospective de son œuvre  est présentée par la Collection d’Art Canadien McMichael de Kleinburg, Ontario. L’exposition ira par la suite à la Galerie d’Art Beaverbrook, au Musée National des Beaux-Arts du Québec, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, ainsi qu’au Museum London.
 
 
 
 
Collections:
 
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréfal, QC)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Collection d’Art Canadien McMichael (Kleinburg, ON)
- Musée d’Art Contemporain de Montréal (Montréal, QC)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Nova Scotia (Halifax, NS)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)
- Art Gallery of Greater Victoria (Victoria, BC)
- Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC)
- The Winnipeg Art Gallery (Winnipeg, MN)
- Edmonton Art Gallery (Edmonton, AB)
- Mackenzie Art Gallery (Regina, SK)
- Mendel Art Gallery (Saskatoon, SK)
- Museum London (London, ON)
- Musée du Nouveau-Brunswick (Saint John, NB)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- The Robert McLaughlin Museum (Oshawa, ON)
- Musée Canadien de la Guerre (Ottawa, ON)
- Galerie d’Art Beaverbrook (Fredericton, NB)
- Confederation Centre Art Gallery (Charlottetown, PEI)
- Musée du Bas St-Laurent (Rivière-du-Loup, QC)
- Bibliothèque et Archives Canada (Ottawa, ON)
- Agnes Etherington Art Centre (Kingston, ON)
- Université Concordia (Montréal, QC)
- Université de Montréal (Montréal, QC)
- La Pulperie de Chicoutimi (Chicoutimi, QC)
- Power Corporation du Canada (Montreal, QC)
- Collection d’Art Firestone (Ottawa, ON)
 
 
  
Affiliations:
 
- Eastern Group of Painters (1938)
- Société d’Art Contemporain (1939)
- Société Canadienne de Peintres en Aquarelle (1939)
- Société Canadienne des Arts Graphique (1939)
- Académie Royale des Arts du Canada (1956)
- Ontario Society of Artists
- Ordre du Canada (1969)

 

 

 













 
 
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