M.-A. Suzor-Coté (Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté)
1869-1937
Natif d’Arthabaska, au Québec, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté y reçoit son instruction à l’Académie Commerciale des Frères du Sacré-Coeur. Il aurait par la suite étudié le dessin à Montréal, auprès de l’abbé Joseph Chabert de l’Institut National des Beaux-Arts (c.1885-1887). De 1886 à 1891, il est apprenti du peintre-décorateur Joseph-Thomas Rousseau, qu’il assiste dans le cadre de divers projets décoratifs d’églises et d’institutions religieuses, dont l’église paroissiale de St-Christophe d’Arthabaska, la chapelle du Sacré-Coeur de l’Académie Commerciale des Frères du Sacré-Cœur, ainsi que Ste-Anne-de-Sorel.
En 1891, Suzor-Côté se rend à Paris avec le peintre Joseph St-Charles, où il suivra des cours préparatoires pour l’École des Beaux-Arts à l’atelier de Léon Bonnat. Lors de ce séjour, il se joint à une impressionnante cohorte d’artistes Canadiens, dont notamment Henri Beau, Joseph St-Charles, Ludger Larose, Ozias Leduc, George Delfosse, Joseph-Charles Franchère, Maurice Cullen, Louis-Philippe Hébert, Charles Gill, W.E. Atkinson, Blair Bruce, Paul Peel, George A. Reid et bien d’autres. Suzor-Côté rencontre le peintre Français Henri Harpignies, et étudiera à son atelier en 1892. Il suit aussi des cours auprès de Fernand Cormon (1893) et fréquente l’Académie Colarossi.
Pendant qu’il est à Paris, Suzor-Côté expose pour la première fois au Salon du printemps de 1892 du Art Association of Montreal, ce qu’il fera régulièrement jusqu’en 1935. Il est admis la même année à L’École des Beaux-Arts de Paris. Au cours de cette période, il voyage et peint en Belgique, en Bretagne, en Normandie et à Cernay (au sud-ouest de Paris). En 1894, il participe au Salon de Paris.
Suzor-Côté revient au Canada au printemps 1894, et y demeure trois ans. Il peint de nombreux paysages, tant à l’huile qu’au pastel, tout en exécutant des commandes : portraits et décoration d’églises d’un bout à l’autre du sud du Québec. Il expose aux salons de l’Académie Royale des Arts du Canada à Montréal (1896) et à Ottawa (1897), et participera assidûment aux salons de l’Académie jusqu’en 1932. Sir Wilfrid Laurier, qui deviendra premier ministre du Canada quelques mois plus tard, rend visite à Suzor-Côté. Les deux hommes se lient d’amitié et se reverront souvent par la suite. Vers la fin de 1897, Suzor-Côté s’embarque avec le peintre Ozias Leduc pour la France, où il compte poursuivre ses études.
En 1898, à Paris, il suit les cours de l’Académie Julian donnés par Jules Lefebvre, Tony Robert-Fleury et Benjamin Constant, et fréquente aussi l’Académie Colarossi. Suzor-Côté demeure en France de 1898 à 1901, et se tient occupé : en plus de ses études et des excursions de peinture à Cernay et à Senlis, il participe chaque année au Salon de Paris et expose au pavillon canadien de l’Exposition Universelle de Paris (1900). Au cours de cette période, il remporte de nombreux prix, dont notamment le premier prix pour la composition et la représentation humaine lors d’un concours à l’Académie Julian (1898), la médaille d’argent à l’Académie Colarossi pour peinture sur le motif (1898), la médaille de bronze lors de l’Exposition Universelle de Paris (1900), ainsi qu’une mention honorable au Salon de Paris (1901). En outre, il siège sur le jury pour les beaux-arts canadiens lors de l’Exposition Universelle de Paris (1900), et il est reçu Officier de l’Académie de France (1901).
Au cours de l’été 1901, Suzor-Coté revient à Arthabaska, où un banquet en son honneur est organise à l’hôtel Plaisance. Parmi les convives, on retrouve Sir Wilfrid Laurier et son épouse, qui lui commandent un tableau. Plus tard dans l’année, la première exposition consacrée à Suzor-Coté est présentée chez Scott & Sons Gallery à Montréal. Suite à cette exposition, il demeure actif à Montréal et à Arthabaska, jusqu’à sa rencontre avec le Ministre des Travaux Publics du Québec, relativement à une commande pour la décoration de l’Assemblée Nationale.
Avant de repartir pour Paris au cours de l’hiver 1902, Suzor-Côté se rend à Ottawa pour offrir à Sir Wilfrid Laurier un tableau du village d’Arthabaska. Arrivé à Paris, il expose encore une fois au Salon de Paris, puis se met à l’ouvrage sur la commande du gouvernement québécois. Il commence par ailleurs à travailler l’argile, à faire de la sculpture, et fait connaissance avec le sculpteur Canadien Alfred Laliberté. En 1903, suite au décès de son père, Suzor-Côté rentre à Arthabaska; il passe six mois au pays, partageant son temps entre Montréal et Arthabaska, et lors d’une nouvelle exposition chez Scott & Sons Gallery le Musée des Beaux-Arts du Canada fait l’acquisition de trois tableaux. L’artiste repart pour Paris en 1904.
De 1904 à 1907, il exécute des commandes reçues de collectionneurs Canadiens, réalisant des copies d’œuvres européennes au Louvre. Il fait des excursions en Bretagne, en Normandie, et serait allé en Angleterre, en Écosse et peut-être en Espagne; pendant son absence, Alfred Laliberté occupe son atelier parisien. Il participe au Salon de Paris en 1905, 1906 et 1907. Revenu au Canada à la fin de l’été 1907 en compagnie de Charles Huot et d’Alfred Laliberté, il partage son temps entre Arthabaska et Montréal. À la fin de 1907, Scott & Sons Gallery présente une importante exposition regroupant cent cinquante œuvres de Suzor-Côté.
Il passe la majeure partie de l’hiver 1908 à Arthabaska, puis rend visite aux Laurier à Ottawa. Il part ensuite pour les États-Unis, en Virginie, où il réalise les murales au domaine de Thomas Fortune Ryan, à Charlottesville. De retour au Canada au début de 1909, il complète au cours de l’année plusieurs de ses scènes historiques ainsi que le portrait de Sir Wilfrid Laurier. En outre, il réalise de nombreuses commandes reçues de personnalités politiques.
Il expose pour la première fois à Toronto avec la Ontario Society of Artists en 1910, et participe au Canadian Art Show à Liverpool, en Angleterre. Au mois d’octobre de la même année, Suzor-Côté présente des œuvres récentes à la Scott & Sons Gallery de Montréal. Au printemps 1911, il revient à Paris et participe au Salon. Plus tard en 1911, il est élu associé de l’Académie Royale des Arts du Canada. De retour au Canada en 1912, il présente trois de ses œuvres lors de l’exposition provinciale de la Nouvelle-Écosse, tenue à Halifax; au mois de décembre, une nouvelle exposition chez Scott & Sons présente une cinquantaine de ses œuvres.
En 1913, Suzor-Côté travaille régulièrement le bronze. Il devient membre du récemment créé Montreal Arts Club et participe à son exposition inaugurale. Plus tard au cours de la même année, il est invité par Edmund Morris à exposer à Toronto, au Canadian Arts Club. Toujours au cours de la même année, il envoie pour la première fois des tableaux au Canadian National Exhibition de Toronto, ce qu’il continuera à faire jusqu’en 1930. À cette étape de carrière, la critique l’encense et sa popularité en tant qu’artiste atteint son paroxysme.
In 1914, il présente toujours ses œuvres avec la Ontario Society of Artists et remporte le prix Jessie Dow du Art Association of Montreal. L’année suivante, il expose pour la première fois des nus, à Montréal et à Toronto. En 1916, Suzor-Côté illustre la première édition du roman “Maria Chapdelaine” de Louis Hémon, et il est élu membre à part entière de l’Académie Royale des Arts du Canada.
Bien que déterminé à ne jamais avoir d’apprenti, Suzor-Côté accepte en 1918 de prendre Rodolphe Duguay à titre d’élève – le premier et le seul. En 1919, à l’instar de Maurice Cullen, il transporte son atelier montréalais à un immeuble voisin construit par Alfred Laliberté, et qui inclut ateliers et résidences. Lorsque Suzor-Côté travaille à Arthabaska l’été, Rodolphe Duguay occupe l’atelier de Montréal.
Au fil des années suivantes, Suzor-Côté continue d’oeuvrer de ses ateliers à Montréal et à Arthabaska. Duguay l’assiste dans la réalisation de plusieurs commandes, jusqu’à ce que ce dernier parte poursuivre sa formation en France en 1920. Suzor-Côté continue d’exposer a l’Académie Royale des Arts du Canada et au Art Association of Montreal, qui lui décerne une seconde fois le prix Jessie Dow (1925). Il expose par ailleurs dans des galeries privées, universités, bibliothèques et musées à travers le Canada, ainsi qu’à l’étranger, au cours des deux décennies suivantes. Le gouvernement du Québec acquiert une première œuvre en 1922, et récidivera plusieurs fois au fil des ans. En 1924 et 1925, il envoie des œuvres à la British Empire Exhibition à Wembley, en Angeleterre, et il participe à la Los Angeles Pan-American Exhibition de 1925. Cette année-là, les sculptures de Suzor-Côté dominaient ses participations aux divers Salons, et l’année suivante est marquée par son exposition de sculptures et plâtres à la Watson Art Galleries de Montréal.
En 1927, Suzor-Côté subit un accident cérébro-vasculaire qui l’empêche de travailler. Il est néanmoins représenté à l’Exposition d’Art Canadien au Musée de Jeu de Paume à Paris, ainsi qu’au salon de l’Académie Royale des Arts du Canada tenue à la Imperial Art Gallery de South Kensington, en Angleterre. La Watson Art Galleries présente une rétrospective la même année.
En 1928, sur recommandation de son médecin, il déménage en Floride à Daytona Beach avec son infirmière, Mathilde Savard, qu’il épousera en 1933. À Daytona, il commence progressivement à dessiner, à peindre et à sculpter. L’année suivante, le gouvernement du Québec lui consacre une rétrospective à l’École des Beaux-Arts de Montréal, laquelle regroupe cent cinquante-deux œuvres de l’artiste. En 1930, il fait un bref séjour à Montréal pour vendre ses derniers tableaux et pour vider son atelier.
Suzor-Côté passe la plupart des hivers suivants à La Havane. Le Musée National des Beaux-Arts du Québec est inauguré en 1933, et un espace y est aménagé pour l’œuvre de Suzor-Côté. L’artiste meurt à Daytona, Floride, en 1937, à l’âge de 68 ans, et sera inhumé plus tard dans sa ville natale d’Arthabaska. Après son décès, plusieurs galeries et musées au Canada, aux États-Unis et en Europe présentent ses œuvres dans le cadre de diverses expositions collectives et individuelles. Des rétrospectives ont lieu au Centre d’Art de Trois-Rivières (1966), au Musée Laurier (1976, 1987), au Musée des Beaux-Arts du Canada (1978, 2002), au Musée National des Beaux-Arts du Québec (1991, 2002), à la Maison des Arts de Laval (1991) et au Musée de l’Amérique Française (1993, 1994).
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Collection d'Art Canadien McMichael (Kleinburg, ON)
- Art Gallery of Ontario (Toronto, ON)
- Art Gallery of Nova Scotia (Halifax, NS)
- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)
- Vancouver Art Gallery (Vancouver, BC)
- Winnipeg Art Gallery (Winnipeg, MN)
- Edmonton Art Gallery (Edmonton, AB)
- New Brunswick Museum (Saint John, NB)
- Glenbow Museum (Calgary, AB)
- Musée d’Art Contemporain de Montréal (Montréal, QC)
- Art Gallery of Greater Victoria (Victoria, BC)
- Museum London (London , ON)
- Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke (Sherbrooke, QC)
- Musée des Ursulines de Trois-Rivières (Trois-Rivières, QC)
- Musée Louis-Hémon (Péribonka, QC)
- Musée de la Civilisation (Québec, QC)
- Musée de l’Amérique Française (Québec, QC)
- Mendel Art Gallery (Saskatoon, SK)
- Collection des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal (Montréal, QC)
- Confederation Centre Art Gallery and Museum (Charlottetown, IPE)
- Musée Beaulne (Coaticook, QC)
- Le Musée Stewart au Fort de l’Ile Sainte-Hélène (Montréal, QC)
- Musée Laurier (Victoriaville, QC)
- Université Concordia (Montréal, QC)
- Nipissing University (Notrh Bay, ON)
- Université de Montréal (Montréal, QC)
- The Robert McLaughlin Gallery (Oshawa, ON)
- Musée McCord (Montréal, QC)
- Tom Thomson Memorial Art Gallery (Owen Sound, ON)
- Société du Patrimoine Religieux de Saint-Hyacinthe (Saint-Hyacinthe, QC)
- Librarie et Archives Canada (Ottawa, ON)
- Holland Collection (Virginia, USA)
- Toronto Club (Toronto, ON)
- Bombardier Inc. (Montréal, QC)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- La Pulperie de Chicoutimi (Chicoutimi, QC)
Affiliations :
- Associé, Académie Royale des Arts du Canada (1911)
- Membre, Académie Royale des Arts du Canada (1916)
- Canadian Arts Council
- Montreal Arts Club (1913)