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Marcelle Ferron

Marcelle Ferron

Abstraction, 1954
Huile
9½" x 14½"


Marcelle Ferron

Marcelle Ferron

1924-2001


Née à Louiseville, Québec, Marcelle Ferron grandit au sein d’une famille aisée comptant cinq enfants. Suite au décès de sa mère, lorsqu’elle a sept ans, son père élève la famille avec une grande ouverture d’esprit, ce qui mènera les enfants Ferron à devenir des adultes indépendants, engagés, disposés à l’aventure.

Ferron s’intéresse aux arts lorsqu’elle a quinze ans, par l’entremise d’une enseignante en arts plastiques du couvent où elle étudie. Elle poursuit à l’École des Beaux-Arts de Québec (1942-1944) avec
Jean Paul Lemieux et Simone Hudon; trouvant la formation trop rigide et académique, elle quitte avant avoir terminé ses études. Elle se marie, donne naissance à un premier enfant, et continue de peindre, d’explorer en autodidacte au fil des années suivantes, mais se sent éventuellement perdue, et a besoin d’être guidée dans sa démarche.

En 1946, l’inspiration la frappe lorsqu’elle voit des œuvres de Paul-Émile Borduas. Elle communique avec ce dernier, qui accepte de venir voir son travail. Ferron reçoit la critique de Borduas, qui lui suggère de suivre des cours à l’École du Meuble de Montréal, où il enseigne. Borduas présente à Ferron d’autres jeunes artistes qui gravitent autour de lui, qui feront plus tard partie des Automatistes :
Pierre Gauvreau, Jean-Paul Mousseau, Jean-Paul Riopelle, Fernand Leduc, Marcel Barbeau, entre autres. Ferron est parmi les derniers artistes à se joindre au groupe des Automatistes en 1946. Elle commence à presenter ses œuvres avec les Automatistes, tant lors d’expositions chez des particuliers, tel que l’appartement de Pierre Gauvreau, que lors d’expositions au Canada (Art Association of Montreal, 1947) ou à l’étranger (Festival de la jeunesse démocrate, Prague, 1947).

En 1948, elle figure parmi les plus jeunes signataires du Refus Global. Suite à la publication du manifeste, Borduas perd son emploi à l’École du Meuble et Ferron cesse ses études.   Borduas quitte pour Paris, tandis que Ferron continue de peindre et d’exposer à Montréal.  Sa première exposition solo a lieu à la Librairie Tranquille de Montréal, en 1949.

En 1950, la 67e Exposition du Printemps la refuse, à l’instar de ses collègues
Jean-Paul Mousseau et Marcel Barbeau. Ils se regroupent avec dix-sept artistes pour présenter l’Exposition des Rebelles, montée en réaction contre l’Exposition du Printemps, qu’ils estiment trop académique et fermée à l’art Moderne.

En 1953, Ferron déménage à Paris avec ses trois filles. Au cours des treize années qu’elle y est installée, Ferron fréquente les cafés et fait connaissance avec d’autres artistes installés ou de passage à Paris, dont
Léon Bellefleur, Jean Lefébure, Edmund Alleyn, Charles Delloy and Jean-Paul Riopelle. Pendant ce séjour, elle suit des cours auprès de Michel Blum (1964), artiste verrier, participe à de nombreuses expositions collectives et individuelles, ainsi qu’aux Salons d’Art Contemporain tenus par le Musée d’Art Moderne de Paris. Au cours de la même période, Ferron expose au Canada, aux États-Unis, et dans plusieurs pays européens (Allemagne, Angleterre, Italie, Pays-Bas).

On commence alors à remarquer le travail de Ferron, qui est de plus en plus apprécié. Elle reçoit une bourse du Conseil des Arts du Canada en 1957 et un prix du Musée des Beaux-Arts de Montréal en 1960. En 1961, elle représente le Québec à la Biennale de Sao Paolo et on lui décerne une médaille d’argent, une première pour femme lors de cet événement. En 1964, le Musée National des Beaux-Arts du Québec lui décerne un prix. Particulièrement important pour l’essor de sa carrière de peintre, le séjour de Ferron en France fait que c’est une artiste jouissant d’une renomée internationale qui rentrera au Québec.

Expulsée de la France tant pour ses idées que pour ses fréquentations politiques, Ferron revient à Montréal en 1966. Elle reprend son travail au vitrail, et réalise son chef-d’œuvre en ce médium :  le vitrail de la station de métro Champ-de-Mars à Montréal, construit en vue de l’Exposition Universelle de 1967.  Elle créera plusieurs œuvres publiques en vitrail jusqu’en 1973.

En 1967, elle commence à enseigner à l’Université Laval, à Québec, d’abord l’architecture jusqu’en 1970, puis les arts visuels jusqu’en 1979. Ferron est élue membre de l’Académie Royale des Arts du Canada en 1972.

En 1973, Ferron reprend la peinture à temps plein, et présente ses œuvres dans des galeries et musées à Montréal, Québec, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Paris et Mexico, lors d’expositions collectives et individuelles. Le Musée d’art de Joliette tient en 1976 la première exposition rétrospective consacrée à Ferron; l’année suivante, le prix Louis-Philippe Hébert lui est décerné. Par ailleurs, un film sur elle est réalisé, pour diffusion sur les ondes de Radio-Canada; il s’agit du premier d’une longue série de films qui seront produits sur la vie et l’œuvre de Ferron.

La consécration de l’artiste survient en 1983, alors qu’elle est la première femme à recevoir le Prix Paul-Émile Borduas, le plus grand honneur conféré par le gouvernement québécois en arts visuels. Deux ans plus tard, Ferron est faite Chevalier de l’Ordre National du Québec.

En 2000, elle est promue au grade de Grand Officier de l’Ordre National du Québec et le Musée d’Art Contemporain de Montréal tient une exposition rétrospective. Ferron décède l’année suivante à Montréal, à l’âge de 77 ans.

 


Collections:

- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée d’Art Contemporain de Montréal (Montréal, QC)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée d’art de Joliette (Joliette, QC)
- Musée d’Art Moderne de Sao Paolo (Sao Paolo, Brésil)
- Agnes Etherington Art Center (Kingston, ON)
- Université Concordia (Montréal, QC)
- Musée Stedelijk (Amsterdam, Pays-Bas)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Collection Loto-Québec (Montréal, QC)
- Collection Hydro-Québec (Montréal, QC)
- Collection d'Art Firestone (Ottawa, ON)
- Banque Nationale du Canada (Montréal, QC)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)

 

Affiliations:

- Société d'Art Contemporain (1947)
- Association des Artistes Non-Figuratifs de Montréal (1957-1960)
- Société des Artistes Professionels du Québec (1968)
- Cercle des Artsites-Peintres du Québec (1974)
- Académie Royale dse Art du Canada(1974)
- Groupe du Québec Moderne

 

 













 
 
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