
Rodolphe Duguay
1891-1973
Né à Nicolet, au Québec, Rodolphe Duguay étudie quatre ans au Séminaire de Nicolet avant de s’installer à Montréal, où il complète ses études, puis occupe divers emplois. En 1911, il s’inscrit comme étudiant au Conseil des Arts et Manufactures où lui enseigneront, sur une période de neuf ans, Charles Gill, Joseph St-Charles, Jobson Paradis, Joseph Franchère, Elzéar Soucy et Alfred Laliberté. Pendant cette période, il étudie brièvement auprès de William Brymner (1915-1916) au Art Association of Montreal , tout en recevant des cours particuliers de George Delfosse (1912-1917) et de Maurice Cullen (1917). Au cours de ses dernières années d’études, Duguay reçoit de nombreux premiers prix. En 1918, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté accepte de prendre Duguay comme élève – son premier et unique – et le considère comme son protégé. Suzor-Côté fait en sorte que Duguay puisse étudier à Paris. Après sa première et unique participation au Salon du Printemps en 1920, Duguay s’embarque pour Paris avec le peintre canadien Narcisse Poirier.
À Paris, Duguay fréquente diverses écoles. Il étudie à l’École des Beaux-Arts (1920), où il fait connaissance avec le canadien Robert Pilot, à l’Académie Julian auprès des frères Laurens (1920-24), à l’Académie de la Grande Chaumière (1921-1924), à l’Académie Colarossi auprès de Henri Morisset (1921-1927), ainsi qu’à l’Académie Adler (1924). Bien que Duguay étudie surtout la peinture, il découvre aussi la gravure, technique avec laquelle il travaillera souvent tout au long de sa carrière. En 1924, Duguay est le premier peintre à recevoir une bourse du gouvernement québécois. Il profite de son séjour en Europe pour parcourir la France, de même que plusieurs régions d’Italie en 1925. Duguay entretien de bons rapports avec d’autres artistes canadiens de passage en Europe, dont Elzéar Soucy, Alfred Laliberté et Clarence Gagnon, qui lui rendra visite à Nicolet en 1939.
De retour au Canada en 1927, Duguay passe quelques mois à Montréal, où il rend visite à Suzor-Côté qui vient tout juste de vivre un accident vasculaire cérébral. Il retourne ensuite à Nicolet et participe à la construction de son atelier. L’année suivante, il complète plusieurs œuvres pour la décoration d’une église de Sorel, lesquelles se détériorent rapidement à cause de la piètre qualité du matériel utilisé. En 1929, la première exposition individuelle de Duguay a lieu à la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal. La même année, l’artiste épouse l'écrivain Jeanne l’Archevêque. En 1930, lors de sa seconde exposition individuelle, qui a lieu au Séminaire de Trois-Rivières, chaque toile trouve preneur. Athanase David, alors Secrétaire de la province, figure parmi les acheteurs; il repart avec deux œuvres choisies pour le futur musée d’art de Québec, musée qui fera l’acquisition de deux autres tableaux en 1938.
En 1935, Duguay réalise plusieurs gravures, dont une quarantaine sera éventuellement publiée en deux albums, qui remportent un grand succès. Une exposition suit à Trois-Rivières, laquelle regroupe cent vingt œuvres exécutées en divers mediums. De 1936 à 1940, Duguay produit une autre série de gravures; celles-ci deviendront des cartes de vœux. Au fil des ans, ses gravures seront utilisées pour illustrer des livres, dont notamment les recueils de poèmes de son épouse. En 1937, Duguay se rend à l’Île d’Orléans, où il passe quelques jours avec Horatio Walker, puis il rend visite à Ozias Leduc à St-Hilaire. Quelques années plus tard, profitant du fait qu’il travaille à la decoration d’une église à Shawinigan, Ozias Leduc lui rend la pareille et passe voir Duguay à Nicolet.
En 1940, la Galerie Morency de Montréal présente une exposition de l’œuvre de Dugay. Il s’agit d’un moment important dans la carrière de l’artiste, puisque critiques et collectionneurs s’intéressent dès lors de plus en plus à Duguay et à son travail. La même galerie présentera deux autres expositions, en 1941 et en 1942, mais la Seconde Guerre Mondiale étant marquée par l’austérité, Duguay peinera à faire vivre sa famille jusqu’à la fin de la décennie. En 1951, Duguay entame la réalisation de quinze toiles de grand format pour l’église Saint-Simon de Drummondville, et y travaille jusqu’en 1955. À cause de la forte humidité des lieux, les œuvres n’ont pas survécu.
Quelques années avant sa mort, une exposition présentée par le Centre des Arts de Trois-Rivières a beaucoup de succès, et met fin à « l’indifférence du public » quant à Duguay et son œuvre. Consécration tardive, puisque l’artiste a alors 73 ans. En 1967, une rétrospective est présentée à la Galerie des Peintres Canadiens de la Place des Arts de Montréal suivie d’une autre, en 1970, au Centre Culturel de Trois-Rivières.
En 1971, la maladie d’Alzheimer affecte de plus en plus la vie de Duguay. En 1973, il reçoit l’Ordre du Canada. Il décède peu après, à l’âge de 82 ans. Il reçoit, à titre posthume, L'Ordre du Canada. Une exposition itinérante de ses gravures est organisée par le Musée des Beaux-Arts du Canada (1975), puis en 1979 le Musée National des Beaux-Arts du Québec présente une rétrospective de son œuvre. En 1981, le Musée d’Art de Joliette présente une rétrospective consacrée aux gravures de Duguay, laquelle compte une centaine d’oeuvres.
Collections:
- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa, ON)
- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec, QC)
- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal, QC)
- Musée d’Art de Joliette (Joliette, QC)
- Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke (Sherbrooke, QC)
- Musée de la Civilisation (Québec, QC)
- Musée Pierre Boucher (Trois-Rivières, QC)
- Musée de Charlevoix (La Malbaie, QC)
- Musée Régional de Kamouraska (Kamouraska, QC)
- Musée Laurier (Victoriaville, QC)
- Musée des Religions (Nicolet, QC)
- Musée Louis-Hémon (Péribonka, QC)
- Musée des Ursulines de Trois-Rivières (Trois-Rivières, QC)
- Musée Québécois de Culture Populaire (Trois-Rivières, QC)
- Musée des Maîtres et Artisans du Québec (St-Laurent, QC)
- Musée Historique des Sœurs de l'Assomption (Nicolet, QC)
- Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal (Montréal, QC)
- Bibliothèque et Archives Canada (Ottawa, ON)
- Musée du Château Ramezay (Montréal, QC)
- Basilique Notre-Dame de Montréal (Montréal, QC)
- Les Petites Franciscaines de Marie (Baie St. Paul, QC)
- Musée Marguerite-Bourgeoys (Montréal, QC)
- La Pulperie de Chicoutimi (Chicoutimi, QC)
- Power Corporation du Canada (Montréal, QC)
- Banque Nationale du Canada (Montréal, QC)